Protocole militaire

Publié le par Yves-André Samère

Toujours désopilant d’entendre, à la radio ou à la télévision, un animateur donner du « Mon capitaine » (ou « Mon commandant », ou « Mon général ») à un militaire de carrière, comme si cette marque de déférence était universelle et obligatoire pour tous.

Mettons les choses au point. Dans l’armée française, on ne donne du « Mon etc. » à un militaire que si celui-ci possède au minimum le grade d’adjudant (pas de « Mon caporal » ou « Mon sergent », par conséquent), et si on est d’un grade inférieur à celui de la personne saluée, qui, au surplus, doit être en activité. À fortiori, on s’en dispense si on est un civil... ou si le gradé salué est à la retraite !

À un membre de l’armée, quel qu’il soit, un civil doit faire comme avec n’importe qui, et lui dire « Monsieur ». Ou, s’il y tient, lui donner son grade sans le « Mon » de déférence. Par exemple : « Général Bigeard, comment conciliez-vous vos sentiments chrétiens avec votre tolérance à l’égard de la torture ? ». Là, on est d’une parfaite courtoisie.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

X
Notons tout de même que le fameux "Mon" dont l'usage provoque votre ire, n'est autre que l'abréviation de "Monsieur", en quoi son usage n'a pas à être proscrit par principe, sauf à considérer qu'appeler quelqu'un "Monsieur" porte atteinte à votre dignité sous prétexte qu'il vous infériorise.
Evidemment, si le militaire auquel vous vous adressez est en civil et que vous l'êtes vous-même, l'usage la mention du "Mon" est inutile - comme celle du grade, du reste. En revanchen un journaliste recevant un officier en sa qualité d'officier sera parfaitement cohérent en l'appelant "Mon capitaine", "Mon colonel" ou "Mon général".

En réalité, la chose se complique essentiellement avec les femmes, qu'il s'agisse d'officiers militaires auxquelles, par définition, on ne peut pas donner du "Mon", ou de femmes civiles s'adressant à des militaires hommes qu'elles ne doivent appeler que par leur grade - pour des raisons qui à ce stade m'échappent quelque peu.
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Y
Je ne vois pas en quoi un journaliste recevant un officier en sa qualité d'officier serait parfaitement cohérent en l'appelant "Mon capitaine", "Mon colonel" ou "Mon général". Il déraillerait en paraissant se mettre sous les ordres de cet officier.
Y

C’est simple : des mots et expressions comme « Excellence », « Éminence », « Majesté » ou « Votre Sainteté » ne sont pas des titres, mais des qualités
attachés à une fonction. On ne doit pas les employer en s’adressant DIRECTEMENT à une personne.

Ainsi, à un roi, on ne dit pas « Majesté », mais « Sire », et seulement ça. À une reine, seulement « Madame ». À un évêque, « Monseigneur » si on est
catholique et qu’on reconnaît son autorité ; sinon, un simple « Monsieur » suffira. De même pour un général.


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S

Donc plus de mon général, de votre sainteté,votre majesté, maître, ect... Allons jusqu'au bout, non ?


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Y
Tous ces gens sont dans l´erreur, y compris le président de la République, qui n´y connaît rien car il n´a pas fait son service militaire, et se laissent influencer par les mauvaises habitudes. Je maintiens intégralement tout ce que j´ai écrit.
P
Bonjour

Concernant les Officiers généraux, ils sont toujours en activité, en 1ère ou seconde section.

Donc un civil, par déférence ou courtoisie, dire Mon général.

Les députés masculins de la Commission de La Défense Nationale et des Armées disent "Mon général" en s'adressant à un général.

Même le PR dit "Mon général".

Je suis donc outré quand un journaliste dit "Général" !
S

Monsieur, Madame, ne peut-il pas s'appliquer à tout le monde ? Avocat, président de république ou autre, clergé, noblesse (qui en a pris un coup au XVIIIeme) ... ?


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Y


Oui, à tout le monde.


Notons qu’autrefois, on réservait Mademoiselle aux femmes, même mariées, de condition inférieure – l’épouse de Molière était mademoiselle Molière –, et Madame, aux
femmes, même célibataires, mais de la noblesse.