Quand Godard flingue Tarantino

Publié le par Yves-André Samère

Les films de Jean-Luc Godard m’ennuient, car ils sont fréquemment abscons, mais l’entendre parler pour descendre ses contemporains est souvent, pour moi, un régal de gourmet. Or, si je me sentais un peu seul dans mon mépris envers Quentin Tarantino – motivé par le fait que, contrairement à ses admirateurs béats, je sais qui il est –, j’ai découvert cette semaine que Godard partageait ce mépris.

Cela s’est passé chez lui, en Suisse, où Patrick Cohen était allé la semaine dernière afin de l’interviewer pour France Inter. Or Cohen, croyant sans doute lui faire plaisir, a mentionné que Tarantino admirait beaucoup le cinéma de Godard, au point de nommer « Bande à part » sa propre société de production – c’est le titre d’un film de Godard datant de 1964. Or Godard n’a nullement réagi en homme du monde, et a pourfendu l’individu (je parle de Tarantino, pas de Cohen) en deux phrases : et d’une, Tarantino n’a pas payé pour s’approprier ce titre, et de deux, c’est « un faquin » et « un pauvre garçon ».

Godard doit avoir de bonnes sources de renseignements ! Non seulement Tarantino est totalement inculte, n’a glané ses connaissances du cinéma que dans un vidéo-club où il a travaillé (comme l’un des héros de Clerks), et admire surtout les films de série Z et les westerns italiens qui ont tué le véritable western, mais aussi et surtout, c’est un plagiaire. Sa technique est bien connue, à Hollywood, quoique personne n’ose en parler ouvertement : si un copain, comme ils le font tous dans l’espoir d’être recrutés comme scénariste, lui raconte une idée de scénario, il s’approprie l’idée et coupe ensuite les ponts avec le copain.

Si bien que j’ai ri sans pitié lorsque, voici quelques mois, un site Internet a publié le scénario qu’il s’apprêtait à tourner. De rage, l’énergumène a renoncé à faire le film, et a porté plainte contre ledit site, en vain, puisque celui-ci ne lui a rien volé, se contentant de publier une information reçue par on ne sait qui.

Godard a son franc-parler, et ne ménage même pas ses confrères cinéastes. Sa brouille avec François Truffaut, qui avait été son scénariste pour À bout de souffle, est restée dans les annales : « Jean-Luc, tu es une merde », ainsi commençait la lettre que le réalisateur de La mariée était en noir lui avait envoyée. Ils ne se sont plus parlé le reste de leur vie.

NB : à Cannes, en conférence de presse, quelqu’un a rapporté au faquin le propos godardien, et lui a demandé ce qu’il en pensait. Le paltoquet (pour varier un peu le vocabulaire moderne) a répondu qu’il n’en croyait pas un mot, et qu’il le croirait si on lui en apportait la preuve. Facile, un extrait en vidéo est ICI, et l’intégralité est .

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