Quand Kerviel hésite...

Publié le par Yves-André Samère

Il prête un peu à rire, ce pauvre (?) Jérôme Kerviel. Après avoir promis sur tous les tons qu’ayant reçu la bénédiction du pape (mais qu’est-ce que François le premier du nom est allé faire dans cette galère ?), il allait revenir en France se constituer prisonnier, le voilà qui fait un peu marche arrière et réclame que, au préalable, Hollande promette l’amnistie aux témoins qui attesteront que lui, Kerviel, est loin d’être le seul coupable dans cette affaire de spéculations abusives ayant ruiné (??) la Société Générale. Notez qu’on en est persuadé, et je rappelle ce mot de Vincent Auriol, premier président de la Quatrième République mais qui avait été ministre des Finances du Front Populaire : « Les banques, je les ferme ; les banquiers, je les enferme ! ». Hélas, Auriol n’a pas mis à exécution ce beau projet. Pourtant, il devait bien avoir en tête cette réplique extraite de L’opéra des gueux, dont le co-auteur était Bertold Brecht : « Qu’est-ce qui est plus malhonnête que de braquer une banque ? Réponse : fonder une banque » (et pardon si je ne cite pas au mot près, le cœur y est néanmoins).

Bref, Kerviel n’a plus du tout envie d’aller en prison, à supposer que cette envie lui soit jamais venue, et je le comprends, pour être un peu passé par là, quoique sur un plan plus modeste, puisque je n’y suis resté que... deux jours. Mais enfin, s’il comptait sur Hollande pour accéder à son souhait, il se met le doigt dans l’œil. N’a-t-il pas encore compris que, pour désirer être président de la République, il faut n’avoir aucun sentiment ? Si Hollande pense que la raison d’État exige qu’il envoie en taule un type qui n’a été que la cinquième roue du carrosse, il ne lèvera pas un doigt. Tous ses prédécesseurs ont été aussi impitoyables. Et puis, le beau slogan « Mon ennemi, c’est la finance », il l’a jeté à la rivière, comme jadis Giscard avec sa rancune. Le roi de France ne paie pas les dettes du duc d’Orléans, comme a dit fièrement Louis XII... qui avait été duc d’Orléans, vous l’aviez compris.

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