Quand une dinde soutient « Le dindon »

Publié le par Yves-André Samère

Comment vouliez-vous que ça rate ? Demain, la télévision passe en direct une pièce de Feydeau, et l’émission de cette pauvre Isabelle Giordano se consacre aujourd’hui à cet évènement sans précédent (la seule télé de service public, car je compte pas Paris-Première, diffuse au moins trois pièces de Feydeau par an). Je précise tout de suite que je regarderai pas la retransmission, parce que je garde un souvenir cauchemardesque d’une version que la Comédie-Française a enregistrée en 2003 sur le mode lugubre (très mauvaise mise en scène de Lukas Hemleb), et parce que Pierre Arditi et François Berléand y sont, comme d’habitude. En outre, comme d’habitude, cela se joue sur la scène du théâtre Édouard-VII, dirigé par le fâcheux Bernard Murat, mais il est socialiste, et donc on n’a pas fini de passer à la télé des pièces données dans cette salle...

Naturellement, au garde-à-vous près de mon poste de radio, je piaffais d’impatience : allait-on, ou n’allait-on pas, caser le cliché o-bli-ga-toire sur la « mécanique » de Feydeau ?

Eh bien je n’ai pas été déçu. L’une des dindes – c’est en situation – qui fait animatrice dans cette lamentable émission, où pleuvent les lieux communs à raison d’un toutes les trente secondes, s’est dévouée : elle a placée la très inattendue référence au bout d’une petite minute seulement, et ça n’a étonné personne. J’ai l’impression qu’on donne une prime au premier qui se dévoue pour être ridicule.

Il devrait y avoir, au ministère de la Culture, un Observatoire des Poncifs, chargé de recenser toutes les occurrences de ces niaiseries que les gens qui causent dans le poste se croient obligés de nous resservir à chaque occasion, histoire de montrer comme ils sont cultivés et tout et tout.

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