Quitter la France ? Jamais !

Publié le par Yves-André Samère

Il paraît que les Français sont pessimistes, et qu’ils ont tort, parce que ce sont eux qui vivent le mieux dans le monde (ne me parlez pas des États-Unis, on ne peut pas prétendre vivre bien dans un pays où l’on ne sait pas manger, même si, pour ma part, je me fiche bien de la nourriture).

En fait, les Français se sentent mal en France, pour des tas de raisons. D’abord, parce que, égoïstes comme il n’est pas possible (et ignorants aussi), jamais ils ne prennent la peine de voir comment on vit ailleurs. Je rigole (jaune) quand j’entends les classes moyennes se plaindre que leur niveau de vie n’est pas à la hauteur de ce qu’elles attendent, ne leur permet plus d’envoyer leurs enfants étudier en Suisse ou aux « States », et de leur payer une baby-sitter quand eux-mêmes veulent sortir le soir. Eh bien, ne sortez pas, bande de nazes, et gardez-les vous-mêmes, vos lardons – lesquels préfèreraient probablement rester sans surveillance, afin de faire ce qu’ils veulent sans être espionnés. C’est vraiment nécessaire, que vous alliez en voiture les attendre à la sortie de l’école ? Leurs jambes, elles ne leur servent pas à marcher ?

Mais passons. En France, tout le monde déteste tout le monde, les bourgeois détestent les pauvres, qui le leur rendent bien ; les politiques détestent leurs électeurs, qui en retour n’ont aucune envie de voter pour eux ; les artistes détestent les autres artistes, lesquels leur font de l’ombre ; les gens de la campagne détestent les citadins, et réciproquement ; ceux qui n’ont pas les moyens d’émigrer détestent ceux qui ont les moyens de se barrer et de les narguer depuis l’autre côté de la frontière ; les administrés détestent le gouvernement ; les assujettis à l’impôt détestent les agents du fisc ; les pêcheurs détestent les camionneurs ; les acteurs détestent leurs metteurs en scène ; les ratés détestent ceux qui ont réussi. Et tout ce beau monde aimerait bien, à la fois, contempler son pays depuis l’étranger tout en détestant ceux qui ne sont pas français et viennent ici manger leur pain.

C’est d’ailleurs vrai, qu’on supporte mal cette France-là. Mais il faut s’y faire : qui a les moyens, hormis une poignée de types pleins aux as, d’aller vivre ailleurs ? Et puis, dites, franchement, ça vous tenterait tellement d’aller passer votre vie dans un pays où on se fait suer à cent sous de l’heure et où on se nourrit de hamburgers et de hot-dogs ? Moi, pour rien au monde je n’irais m’installer à Genève ou à Bruxelles. Même Amsterdam, ville séduisante, est un endroit où partout règne une odeur d’oignons cuits ! C’est faiblard, comme argument ? Et alors, les vôtres valent mieux ?

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :