Recasons nos ministres !

Publié le par Yves-André Samère

Lorsqu’un ministre a franchement pédalé dans la choucroute, même si on aimerait le garder parce que c’est un vieux copain, il vient un moment où on doit le pousser vers la sortie si l’on veut sauver les meubles. Un peu la politique de la terre brûlée, en moins dramatique.

Seulement voilà, on est trop bon, chez nous. À l’étranger, un ministre incapable ou malhonnête est prié de retourner à ses chères études, et le président ou le Premier ministre ne se mettent pas en quatre et ne monopolisent pas leur entourage pour lui dénicher une sinécure. En France, si. C’est ainsi que Rama Yade se retrouve ambassadeur de France... à Paris ! Eh oui, l’UNESCO est à Paris, dans les beaux quartiers. Ce machin ne sert pas à grand-chose, du reste, et il est notoire, partout dans le monde, que tous les chefs d’État y casent les gens auxquels ils doivent un service, mais qui ne tiennent pas à se casser la nénette en faisant un vrai travail. On leur colle par conséquent un titre ronflant, et ils vont faire à l’UNESCO leur demi-douzaine d’heures hebdomadaires tout en pensant à la tête de Martine Aubry, qui n’avait pas songé à ce truc-là.

Naturellement, ce boulot épuisant est bien payé. Vous ne voudriez pas...

Moi, ce qui m’étonne, c’est cette coutume de recaser les incapables et les malhonnêtes. En quoi est-ce nécessaire ? Et quand ce n’est pas l’UNESCO, c’est un poste de chargé de mission dans une branche où les récupérés n’ont aucune compétence, comme on l’a vu avec la sinécure attribuée l’année dernière à Christine Boutin. Hélas, le salaire était si énorme que ça s’est vu, et elle a dû y renoncer pour cause de cumul avec tout ce qu’elle percevait par ailleurs.

Il n’y a pas de justice, comme dirait Rachida Dati.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

Y

Ma phrase était peut-être elliptique, hors de portée de ceux qui prennent tout au pied de la lettre. J’entendais « les pays étrangers d’Europe du Nord », pratiquement les seuls qu’on peut
considérer comme civilisés, avec peut-être le Canada. Et dans ces pays, effectivement, les ministres ont dû quitter leur poste pour des affaires, même anodines, touchant à la rigueur du
comportement public ou privé. Les exemples foisonnent.

Les autres pays ne peuvent pas être pris au sérieux, on n’y connaît (et respecte) que l’argent, donc la corruption. J’en ai fréquenté suffisamment pour ne pas ignorer leurs mœurs.


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