Religions pacifiques ?

Publié le par Yves-André Samère

Si vous avez ce matin écouté France Inter, vous êtes forcément tombé sur Tahar Benjelloun, romancier marocain mais qui publie en français (il a été directeur de collection aux éditions Le Seuil, sauf erreur). Naturellement, on ne l’avait fait venir au micro que pour lui demander son opinion sur les atrocités commises par les fanatiques qui disent se réclamer de l’islam. Je précise immédiatement que cette référence est un peu bidon, mais pas totalement, contrairement à ce qu’on a voulu lui faire dire et qu’il a dit en effet. Je précise aussi que je méprise Benjelloun pour avoir écrit trois pages – que j’ai lues – dans La Marche verte, un ouvrage collectif à la gloire du tyran Hassan II, vous savez, ce roi qui a envoyé au bagne Abdellâtif Oufkir, un enfant de... trois ans et demi ! Et non, je ne caricature pas, c’est authentique, cherchez un peu.

Thèse défendue ce matin par Benjelloun : les religions monothéistes, donc l’islam ET le christianisme, sont on ne peut plus pacifiques. Et comme le meneur de jeu Patrick Cohen lui fait observer qu’il envoie le bouchon un peu loin, et souffle un ou deux exemples prouvant tout le contraire, il objecte que certes elles le font, mais à dose homéopathique, et seulement « pour se défendre ».

C’est donc pour défendre la religion pas encore créée que « Dieu » décide de noyer la totalité de la population de la Terre, pour le crime d’avoir préféré un autre dieu, ne consentant à épargner que la famille d’un seul juste, Noé, avec sa femme, ses trois fils et ses trois belles-filles – plus les animaux qui n’avaient adoré aucun autre dieu, ces braves bêtes (et le serpent qui avait tenté Ève ?). Ce doit être aussi pour la même raison qu’il ne cesse d’encourager les Juifs, devenus le « peuple élu », à massacrer ceux qui ne croyaient pas en lui. Ainsi que tous leurs descendants, enfants compris, sans doute par précaution, sur sept générations (là, il faut qu’on m’explique comment, après avoir massacré les parents, on peut encore ratiboiser leurs descendants des générations suivantes). En réalité, l’Ancien testament contient des CENTAINES de pages – lisez donc le livre de Jérémie – dans lesquelles « Dieu » hurle sa haine du peuple juif et proclame qu’il va le détruire dans les supplices les plus épouvantables : Le Pen et Dieudonné ne vont pas si loin. Quant au personnage fondateur du peuple d’Israël, le fameux Abraham, tant révéré, il était prêt à égorger son fils Isaac parce que son Dieu le lui avait demandé ! Et, histoire de rire sainement, rappelons le chapitre 17 de la Genèse, verset 14 : « Un mâle incirconcis, qui n’aura pas été circoncis dans sa chair, sera exterminé du milieu de son peuple ».

Benjelloun fait aussi semblant d’oublier que, dans l’islam et encore aujourd’hui, on promet dans le paradis d’Allah soixante-douze vierges à ceux qui ont accompli la volonté de Dieu en égorgeant quelques infidèles. C’est vrai, ça, un pareil acte de simple justice mérite bien une petite prime. Par chance, la plupart des musulmans de ce vingt-et-unième siècle ne croient plus guère à ces insanités.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

Yves-André Samère 27/09/2014 09:06

Oui, mais je visais surtout l’histoire des 72 vierges.

Tout ça est inhérent au principe même des religions : croire contre l’évidence. Voir le fameux « Je crois PARCE QUE c’est absurde » des chrétiens. Il me semble avoir écrit quelque part que, selon
moi, la foi est une forme de maladie mentale.

En tout cas, je connais un certain nombre de personnes nées musulmanes, même en dehors de France où c’est plus facile, et qui ne croient pas, car elles se sont débarrassées de la croyance aveugle.
Dès qu’on acquiert un peu d’instruction, on commence à douter de tout.

Mais enfin, chez beaucoup, la foi est enracinée.

Julien 26/09/2014 16:37

Ta dernière phrase me perturbe: tu sembles dire que les croyants de notre époque font preuve de jugeotte parce qu'ils tirent un trait sur les passages sanglants. Mais au final, ils sont toujours
croyants. Ils ne réfléchissent finalement pas tant que ça.