Réponse à la devinette

Publié le par Yves-André Samère

D’abord, bravo à Cyril, qui a répondu le premier et a donné la bonne réponse à la colle proposée avant-hier : 3,2 kilomètres. Expliquons.

J’avais pris soin de ne pas demander la distance entre les deux capitales, Washington et Moscou, parce que ç’aurait été trop facile, et les 14 000 kilomètres – à quelques dizaines de lieues près, ou beaucoup moins si on pique vers le nord et qu’on passe par l’Islande – se seraient alors imposés d’emblée. J’ai aussi pris la précaution de parler de l’ex-Union Soviétique, pas de la Sibérie, pour la même raison. Il fallait bien corser un peu la difficulté (relative !). Mais avant tout, un petit peu d’histoire et de géographie.

L’Alaska a d’abord appartenu aux Russes, qui l’ont vendue pour 7,2 millions de dollars aux États-Unis, en 1867. Ceux-ci en ont fait un État, bien que ce territoire soit, d’un point de vue géographique, complètement séparé du leur – mais il en est de même d’Hawaï, pourtant plus éloignée. Entre l’Alaska et la Sibérie russe, il y a le détroit de Béring, dont la largeur moyenne dans cette zone n’est que de 92 kilomètres, c’est pourquoi j’avais inclus cette distance dans le questionnaire. Mais il y a mieux.

En plein milieu du détroit de Béring se trouve un minuscule archipel, composé de seulement deux îles, les Diomèdes. La plus grande, à l’ouest, appartient toujours à la Russie ; la plus petite, à l’est, appartient aux États-Unis. Et elles sont séparées par un peu plus de trois kilomètres. Notez ce détail curieux : entre les deux, on a tracé la ligne de changement de date, si bien qu’on peut en même temps être samedi 19 sur la plus petite et dimanche 20 sur l’autre – voire, en poussant les choses à l’extrême, le 31 décembre sur l’une et le 1er janvier de l’année suivante sur l’autre ! Cette curiosité a été utilisée par Jules Verne dans Le tour du monde en quatre-vingts jours, puisque Phileas Fogg croyait avoir perdu son pari, parce qu’il avait oublié de tenir compte du fait que le sens giratoire de son voyage lui avait fait gagner un jour.

Ces deux îles sont très peu peuplées, d’Inuits pour l’une, et de soldats russes exclusivement pour l’autre. Inutile de dire que les deux communautés ne fraternisent pas mais se regardent plutôt en chiens de faïence, et que les touristes ne s’y bousculent pas non plus ! Si néanmoins vous avez des projets de vacances, quelques renseignements ICI.

On a pu dire aussi que, depuis le territoire des États-Unis, on pouvait « voir la Russie ». C’est exact, quoique par beau temps seulement, puisque la Grande Diomède, qui n’est qu’à 43 kilomètres de l’Alaska, est visible : en mer, la portée de vue est supérieure (depuis Tanger, on voit parfaitement Gibraltar, à cinquante kilomètres de là).

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

Y
Mais perdu dignement ! L’important est de participer.
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R
Oh zut encore perdu! pfff...
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