Rififi chez Molière

Publié le par Yves-André Samère

Depuis pas mal de temps, je suis un peu agacé de lire, au générique de certains films français, la mention « Avec Laurent Laffitte, de la Comédie-Française », ou « Avec Pierre Niney, de la Comédie-Française ». De quoi entretenir une équivoque susceptible de leurrer le public.

Il y a deux sortes d’acteurs, à la Comédie-Française : les titulaires et les stagiaires. Mais comme la Maison possède son propre jargon, les titulaires sont appelés sociétaires, alors que les stagiaires sont de simples pensionnaires. Les premiers ont d’abord été pensionnaires, puis un comité de sociétaires les a titularisés. Ils touchent un salaire, et, en fin d’exercice, ils se partagent les bénéfices, appelés comme partout dividendes – variables, donc –, comme dans la plupart des sociétés. Les pensionnaires n’y ont pas droit, ils n’ont que leur salaire ; substantiel, rassurez-vous.

Les deux acteurs cités plus haut ne sont que pensionnaires, et peuvent être congédiés sans autre forme de procès au cas où ils viendraient à déplaire. Un sociétaire peut rester des dizaines d’années dans la maison. Il est rarement renvoyé, comme l’a été Bruno Putzulu, trop rétif, en 2002, ou cette grande comédienne qu’était Catherine Hiegel, en décembre 2009 – un vrai scandale –, mais il peut démissionner si le climat commence à lui peser, ce qui arrive souvent. Ainsi, Jean Piat, qui est entré à 23 ans à la Comédie-Française, en est parti à 48 ans. Mais certains « claquent la porte » plus tôt, comme disent nos amis les journalistes quand ils sont en forme. Certes, en passant dans le privé, ils perdent leur salaire fixe, mais s’ils ont pris le temps d’attendre de devenir célèbres, ils gagneront davantage !

Le patron de la Maison est un administrateur, une administratrice actuellement, Muriel Mayette, épouse de Gérard Holtz, en place depuis août 2006, mais qui risque fort d’être assise sur un siège éjectable, car une pétition circule en ce moment, signée par certains acteurs, demandant au ministère de la Culture de ne pas reconduire son contrat. Vivons dangereusement et risquons une prévision : si elle part, son successeur s’appellera Denis Podalydès. Il a cinquante ans, il est déjà célèbre, et... il rêve de ce poste depuis des années !

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

Y
Mon point de vue est simple : quand un mot existe et remplit sa fonction, ne pas chercher midi à quatorze heures en en créant un autre qui fera double emploi.

Par exemple, avec ma bête noire, « incontournable », qui n’existe dans AUCUNE langue (j’ai vérifié).À quoi sert-il ? Nous avons déjà : inévitable, assuré, certain, fatal,
immanquable, imparable, implacable, inéluctable, inexorable, nécessaire, obligatoire, obligé, sûr, forcé, mathématique, infaillible, important, capital, crucial, de première nécessité, essentiel,
fondamental, important, indispensable, irremplaçable, primordial, vital.

Chercher autre chose, c’est du snobisme.
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C
Une influence sans doute venue du cinema ou on n'hesite pas a ecrire sur les affiches ou dans les bandes-annonces que tel acteur est "nomine" aux Oscars (anglicisme que vous condamnez a juste titre
en suggerant "propose aux Oscars") en cherchant un amalgame avec un acteur qui a, lui, recu la recompense.
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