Rire sur France Inter - 16

Publié le par Yves-André Samère

Ce matin, à neuf heures moins cinq, l’humoriste Ben a fait comme le pape : il a annoncé sa démission de France Inter. Une blague, on s’en doute, et je ne lui jette pas la pierre, attendu que je l’ai fait avant lui. Néanmoins, mal renseigné, Ben a commis une petite erreur en affirmant que la fin des émissions n’avait jamais lieu en février, mais en juin. Or c’est faux.

Lorsque Laurent Ruquier, abandonnant Rien à cirer, a mis à l’antenne de nouvelles émissions faites avec ses nouveaux copains, Changement de direction en 1996, puis Dans tous les sens l’année suivante, le succès n’a pas été foudroyant. Si bien qu’en 1999, il est passé sur Europe 1 avec armes et bagages, et il y est toujours. Bon vent. Pour le remplacer, France Inter rappela Laurence Boccolini, qui avait été une de ses chroniqueuses, et la chargea de constituer une émission qui serait le clone de Rien à cirer, qu’on baptisa d’ailleurs Rien à voir. Laurence eut le mérite de faire venir François Morel comme chroniqueur (il avait déjà travaillé, mais seulement le samedi matin, sur France Inter, avec sa propre émission C’est mieux que rien !, entre le 15 juillet et le 2 septembre 1995). Elle rappela également Jacques Chraz, Christophe Alévêque et Didier Porte, qui firent ce qu’ils faisaient trois ans auparavant. Il y eut également l’imitateur Jean-Éric Bielle qui venait des Guignols de Canal Plus et qui écrivait lui-même ses textes.

L’émission marchait bien, et, quoique lentement, le succès vint, d’autant plus qu’elle ne concurrençait pas celle de Ruquier, diffusée en fin d’après-midi : le public pouvait écouter les deux. Mais... elle prit brusquement fin le vendredi 25 février 2000, et fut illico remplacée par Le Fou du Roi dès le lundi 28. C’est un chroniqueur de Rien à voir, Stéphane Bern, qui prenait la place de Laurence Boccolini, et sa mauvaise réputation (imméritée) lui valut des débuts difficiles, tant auprès du public que de ses camarades.

Nous verrons cela plus tard, mais la troublante éjection de Laurence Boccolini demandait une explication. Elle me fut donnée le lendemain de son renvoi brutal, par Chraz, lequel m’a confirmé, devant le Point-Virgule où nous nous trouvions,  qu’il ne s’agissait nullement d’une démission ! Du reste, l’animatrice ainsi réduite au chômage corrobora elle-même cette version trois semaines plus tard sur Canal Plus, révélant que Jean-Luc Hees, qui avait été nommé directeur de France Inter par le PDG Jean-Marie Cavada en septembre 1999, trouvait son émission « vulgaire ». Pourtant, il n’en modifia rien pour Le Fou du Roi, ni la formule, ni les participants – on congédia simplement Chraz et Jean-Éric Bielle !

Mais il faut avouer que, si j’en crois Didier Porte, toujours bon camarade, ses co-équipiers n’aimaient guère Laurence Boccolini.

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