Rire sur France Inter - 3

Publié le par Yves-André Samère

Comme dit précédemment, Le Luron de midi sur France Inter, en dépit de son succès, n’a connu qu’une existence éphémère. Peut-être Thierry Le Luron a-t-il désiré se consacrer en priorité à la scène, où il n’avait que des succès, et aussi à la télévision. Toujours est-il qu’à la rentrée de septembre 1980, c’est le Tribunal des Flagrants Délires qui s’installa à sa place, sur une heure quotidienne, entre onze heures et midi, du lundi au vendredi inclus. Néanmoins, il lui fallut plusieurs semaines avant de connaître le triomphe qui fut le sien ensuite.

C’est Claude Villers qui l’avait imaginée, cette émission. Ancien plus jeune journaliste de France, Villers était déjà très connu. Précédemment correspondant de France Inter aux États-Unis, il était ensuite devenu le collaborateur de José Artur, et c’est justement une mésaventure de José qui provoqua sa venue devant les micros, quand son patron fut mis à pied (pour six mois !) en expiation d’un crime : avoir cité à l’antenne une marque de vodka. Arthur Conte, le président de Radio-France, ne plaisantait pas avec ces choses-là... Or Villers connut un succès immédiat avec Pas de panique !, qui dura deux ans, suivi de Marche ou rêve – que les nuls qui présentaient les programmes annonçaient régulièrement comme « Marche ou crève », ce qui faisait bien marrer Villers, lequel, sans doute, avait fait exprès de choisir ce titre !

Villers avait imaginé de ressusciter les émissions basées sur un tribunal de fantaisie, comme il y en avait eu naguère, notamment sur Radio-Luxembourg, avec Le tribunal de la semaine, de Robert Picq et Pierre Ferrary, dans laquelle Yves Deniaud, lampiste, se faisait condamner régulièrement alors qu’il n’avait rien fait ! Chez Villers, on était plus équitable, et « l’accusé » (une vedette, généralement), soupçonné de délits fantaisistes, subissait un interrogatoire en règle, produisait deux témoins (un à charge et un à décharge), écoutait un réquisitoire et une plaidoirie, puis le verdict était rendu par cinq jurés tirés au sort préalablement dans le public. Ensuite, même s’il était relaxé, il accomplissait sa peine, c’est-à-dire qu’il devait chanter une chanson, et parfois dire un poème si la chanson excédait ses capacités.

Tout reposait, bien sûr, sur les trois personnages principaux : Villers était le président, son vieux copain Luis Rego était l’avocat – un avocat notoirement incompétent –, et Pierre Desproges, déjà présent dans l’équipe de Le Luron, était le procureur.

D’autres détails dans la prochaine notule, pour ne pas faire trop long...

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