Rire sur France Inter - 5

Publié le par Yves-André Samère

Les personnages composant le Tribunal des Flagrants Délires étaient assez stables, mais il y eut pourtant, de temps à autre, des modifications temporaires.

Le président du Tribunal fut le plus souvent Claude Villers, qui pilotait son émission d’une main ferme. Néanmoins, il lui est arrivé, au cours de la seconde saison, de se faire remplacer par José Artur, son ancien patron au Pop-Club. Comme lui, Artur est un esprit libre, avec une tendance au sarcasme moins évident mais une ironie plus appuyée.

L’avocat de la défense fut au début, pendant quelque temps, Henri Garcin. Mais très vite, Luis Rego s’installa à ce poste, et y resta jusqu’au bout, sauf lorsque, étant parti tourner un film, il se fit remplacer pendant un mois par Éva Darlan, laquelle, dans un genre moins loufoque et déconnecté de la réalité, fit pourtant merveille dans ses duos avec Pierre Desproges. Écoutez donc un échantillon de ce duo pour le procès de Gotlib, inédit dans le commerce, disponible à l’INA, mais... c’est payant ! Moi, je le fournis gratuitement.

Ce dernier joue le rôle du procureur général, et son humour ravageur fut pour beaucoup dans le succès de l’émission. Si bien que trente-neuf de ses réquisitoires furent édités en CD après sa mort. En prime, je vous offre un inédit, celui prononcé contre Sean McBride, co-fondateur d’Amnesty International : il n’a pas été édité dans le commerce et ne se trouve pas non plus dans les archives de l’INA ! Vous en avez, de la veine ; il dure neuf minutes, ne ratez pas ce bijou, et faites-le écouter à vos enfants...

Malheureusement, au cours de la seconde saison, en 1983, Desproges se brouilla avec Villers, et il dut être remplacé, par Éva Darlan puis Serge Papagalli. Villers et Desproges se réconcilièrent, mais après l’arrêt du Tribunal. Les auditeurs de France Inter n’en ont pas profité.

L’huissier, durant la première saison de 1980-1981, venait, comme Desproges, de l’équipe de Thierry Le Luron, c’était Bernard Pilot. Mais il semble avoir disparu de la circulation ensuite. Il existe bien un auteur de théâtre de ce nom, mais impossible de savoir si c’est lui. Pour la seconde saison du Tribunal, il était remplacé par Henri-Marc Mutel, dit Marco, qui est aujourd’hui réalisateur à France Inter.

Tout au long des deux saisons, un pianiste antillais, Georges Rabol, accompagna les audiences. Il était vêtu en gendarme, on le désignait comme « le brigadier Rabol », mais il eut une promotion pour la seconde saison et devint « le brigadier-chef Rabol ».

Enfin, le Tribunal n’avait pas d’expert psychiatrique à ses débuts, mais il s’en offrit un en 1982-1983, la journaliste Jeanne Folly, présentée comme « le docteur Folly », et qui se disait « experte, très experte ». Ses expertises concluaient toutes que ses patients étaient fous et incurables...

Des deux assesseurs muets du président, je pense que l’une était Patricia Martin, qui officie toujours sur France Inter, et joue à être critique littéraire dans Le masque et la plume. Aimable et dotée d’une voix agréable, elle semble considérée comme la partenaire idéale pour les émissions fourre-tout de la station.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

Y
Malgré ses qualités, la pauvre n’a jamais eu son émission à elle. Dommage, elle y aurait été meilleure, car véritable littéraire et plus cultivée que cette pauvre Isabelle Giordano. La langue
française n’aurait pas connu ces attentats quotidiens.
Répondre
J
Aimable. Et même gentille. Voire, touchante.
Répondre
D
"Mademoiselle Martin", telle que l'appelait, et l'appréciait Philippe Meyer.
Répondre