Roger Hanin, acteur

Publié le par Yves-André Samère

Je n’avais pas vraiment le projet de parler de Roger Hanin, mais voilà qu’il m’y force en mourant aujourd’hui, à l’âge de 89 ans...

On s’est beaucoup payé la tête de Roger, pour des raisons plus ou moins sournoises : il a joué Navarro – et on ne va parler que de ça –, il avait un accent, il était le beau-frère de Mitterrand, etc. Je me contenterai donc de dire que Luchino Visconti ne l’a pas trouvé si mauvais, puisqu’il l’a engagé pour Rocco et ses frères, un film qui fait date dans l’histoire du cinéma mondial, et où jouaient quelques ringards de son calibre, comme Alain Delon, Annie Girardot, Claudia Cardinale, Nino Castelnuovo (partenaire de Catherine Deneuve dans Les parapluies de Cherbourg), Paolo Stoppa, Suzy Delair et Renato Salvadori, lequel devait ensuite épouser Annie Girardot, puisqu’ils sont tombés amoureux durant ce tournage. Donc, pour ce qui est du mauvais acteur, il faudra repasser, et aller chercher du côté de Frédéric Diefentahl, Samuel Le Bihan ou Clovis Cornillac.

Son lien avec Mitterrand ? J’ai une anecdote peu connue : les acteurs français avaient la possibilité, lorsqu’ils ne travaillaient pas, de s’inscrire au chômage et de percevoir une indemnité calculée sur leur salaire habituel. Normal ? Non, pas du tout. Imaginez une vedette comme Delon, qui travaille très peu, allant s’inscrire au chômage et recevant des indemnités de nabab ! Ou Jane Birkin, pour se rapprocher davantage de la réalité. Or, à l’époque où Mitterrand présidait, Roger Hanin, qui était communiste et l’est resté jusqu’au bout, présidait aussi, mais le syndicat CGT des acteurs. Il avait parlé de cette anomalie à son beau-frère, et lui avait demandé de faire changer la loi. Ce fut fait ensuite, quoique beaucoup plus tard.

Vous en trouverez, des vedettes qui demandent qu’on diminue les avantages financiers de la profession.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

Y
Son meilleur film comme metteur en scène, c’était « Train d’enfer », tout à fait antiraciste. Il aurait aussi fallu parler des livres qu’il a écrits, et des pièces qu’il a jouées, de Feydeau,
Ionesco, Pagnol. Le fameux « Navarro », dont j’avais bien prévu qu’on ne parlerait que de cela, était un emploi de fin de carrière lui assurant une rente, rien de plus...

Clovis Cornillac, je l’ai vu hier soir dans le feuilleton « Chefs ». Il n’était pas mal, mais le scénario de cette histoire – bien jouée, bien mise en scène – était bourré de clichés. Je compte en
parler.

« Celui qui doit mourir » affadissait un peu un roman que j’ai lu, « Le Christ recrucifié », qui était bien meilleur.
Répondre
B
Je l'ai vu aussi dans "Celui qui doit mourir" ,un film de Jules Dassin spas son meilleur mais, Dassin quand-même .
Moi j'aime bien Cornillac, y a pire !
Répondre
Y
Exact. Mais je n’ai jamais cru que les communistes avaient toute leur tête. D’ailleurs, un type qui vénérait tant Mitterrand était forcément un peu déphasé. En réalité, il méprisait les
socialistes.
Répondre
J
Attends, attends, "jusqu'au bout" ? Il n'a pas soutenu Sarkozy pendant sa campagne ?!
Répondre