Sachez punir... la famille des régicides !

Publié le par Yves-André Samère

En France, nous n’avons eu que trois régicides, et seul les deux premiers, Jacques Clément  et François Ravaillac, ont réussi à tuer les rois Henri III et Henri IV ; l’autre, Robert-François Damiens, n’a fait qu’égratigner Louis XV, mais le fait d’avoir raté son coup et que le roi a pardonné et tenté de ne lui infliger qu’une peine symbolique ne lui a pas épargné l’horrible supplice dont j’ai déjà dit deux mots il y a quatre ans. Jacques Clément, le moine qui a tué Henri III, a été abattu immédiatement après son forfait, sans aucun procès, et on n’a écartelé... que son cadavre !

(Je ne mets pas Georges Cadoudal au nombre des régicides, car il a seulement tenté de s’en prendre à Bonaparte, alors Premier Consul, et non roi. Ce qui n’a pas empêché ce général d’être guillotiné)

En fait, bien davantage de sujets français sont morts à cause du roi, mais c’est une autre histoire. Ce qui m’intéresse ici, c’est l’immense mansuétude de la justice royale, puisque, non seulement elle punissait les coupables avec une rigueur qui aurait fait envie à Caligula ou Himmler, mais elle punissait aussi... les innocents, c’est-à-dire la famille entière du condamné.

Ainsi, après l’exécution de Ravaillac, et dont celle de Damiens fut la copie conforme, tous ses biens furent confisqués par un arrêt de la Cour du Parlement, daté du 27 mai 1610. En outre, il y était dit que « la maison où il est né sera démolie, celui à qui elle appartient, préalablement indemnisé, sans que sur le fond puisse à l’avenir être fait un autre bâtiment » – autrement dit, interdiction de construire sur le terrain ainsi dégagé. Ce n’est pas tout, car « son père et sa mère videront le royaume, avec défense d’y revenir jamais, sous peine d’être pendus et étranglés sans autre forme ni figure de procès ». Enfin, on faisait « défense à ses frères, sœurs, oncles et autres de porter ledit nom de Ravaillac ; leur enjoint d’en changer au risque des mêmes peines », soit pendus et étranglés.

Par quoi l’on voit qu’en France, on était bien roi « par la grâce de Dieu » !

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