Sachez voler à la FNAC !

Publié le par Yves-André Samère

Non, je n’ai jamais volé à la FNAC. En tout cas, pas récemment. Du moins, je ne m’en souviens pas. Pourtant, ma mémoire est bien meilleure que celle de François Hollande, vous savez, le capitaine de pédalo qui oublie ses promesses électorales aussi vite que ses femmes. Quoique celles-ci se chargent parfois de se rappeler à son bon souvenir, à la grande joie du peuple, qui se marre insolemment, au contraire de ses amis qui, feignant de s’indigner, s’écrient que JAMAIS ils ne liront le bouquin de son ex-Dulcinée – à se demander comment il peut être en rupture de stock, à la FNAC justement, ce qui me ramène à mon sujet.

Donc, si votre situation financière est aussi florissante que celle de ce cher et vieux pays après douze ans de gouvernements de droite (Jospin ayant été battu en 2002, non sans être poussé vers la sortie par ses amis « de gauche » comme Jean-Pierre Chevènement et Christiane Taubira), bref, si le drapeau noir, chez vous, flotte sur la marmite, et si le frisson de l’aventure vous tente, voici un conseil qui vous évitera de vous faire piquer – vous aussi. Je précise que je n’ai aucun scrupule à vous le donner, attendu que la FNAC a bien changé depuis l’époque où elle ouvrait son premier magasin au numéro 4 du Boulevard de Sébastopol, modeste local devenu depuis un magasin de chaussures : désormais, ce n’est plus l’endroit où les articles relevant de la culture étaient moins chers qu’ailleurs, c’est devenu au contraire une caverne de voleurs.

Vous le savez, voler à la FNAC n’est pas sans risque : celui de déclencher la sonnerie du portillon de détection à la sortie. Or celui-ci est sensible à un dispositif antivol, contenu dans une pastille magnétique, toujours collée sur l’emballage ; parfois sous l’étiquette, pour les livres. Il s’ensuit que c’est l’emballage ou l’étiquette qui sont protégés contre le vol. Pas l’article lui-même !

Dès lors, la solution est évidente, à condition d’avoir sur vous l’instrument universel : un cutter. En effet, chacun sait qu’ouvrir les emballages de ce qu’on achète, que ce soit un DVD ou un paquet de biscuits, est devenu plus difficile, si on a ses mains et rien d’autre, que forcer un coffre-fort de la Banque de France. Donc, ne vous lancez pas dans l’aventure, comme ils disent sur Télé-Poubelle, sans cet accessoire indispensable (les cons disent « incontournable »). Ainsi équipé, supposez que désiriez faire l’acquisition d’un DVD, d’un câble USB ou de tout autre objet sous emballage en plastique. Prenez l’objet de vos convoitises, gagnez un coin discret où vous vérifierez qu’il n’est pas surmonté d’une caméra de surveillance, placez-vous derrière un groupe de clients qui pourront vous masquer, puis éventrez sans hésitation l’emballage dénonciateur. Pour les livres, il vous faudra consentir un petit sacrifice : arrachez carrément la quatrième page de couverture. Faites cela vite et bien, il y a peu de chances que vous soyez dénoncé par les autres clients, au cas où ils vous verraient, attendu que les Français, depuis la fin de l’Occupation, sont terrorisés à l’idée d’être tenus pour des délateurs (peu de risque que le magasin soit bourré de sympathisants du Front National).

Cela fait, le produit de votre larcin sera indétectable à la sortie. Empochez-le ou mettez-le dans votre sac, et sortez la tête haute. Si d’aventure on vous arrêtait pour vérifier vos poches ou vos affaires, criez bien haut que vous aviez l’objet en entrant et que vous l’aviez acheté ailleurs. Le scandale effraie toujours les patrons de magasin, et, à tout prendre, ils préfèrent qu’on les vole. De toute façon, ils ont inclus dans le prix de leurs articles ce supplément qu’ils appellent « la démarque inconnue », histoire de compenser leurs pertes. C’est une arnaque, et voler un voleur, ce n’est plus voler, comme me le disait hier Thomas Thévenoud, éphémère ex-secrétaire d’État, congédié pour avoir eu, lui aussi, des trous de mémoire, mais à propos de ses impôts.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

C
Les deux ! C'est très agréable de vous lire, merci.
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Y
C’est moi qui remercie.
C
Mon dieu ! Vous m'avez fait rire, de ce rire intérieur, qui reste ! Je vous remercie pour ce bon moment et pour cette technique qui bien que fade, est efficace. Un grand merci !
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Y
J’ai un horrible doute : c’est ma technique du rire, qui est efficace, ou la technique du vol à la FNAC ?
N
lk
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Y
Le verbe « bruisser » commençait à me manquer...
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T
Effectivement, je n'ai que de bonnes lectures. Et mes sources , comme vous le voyez sont les plus fiables. Je lis d'ailleurs en ce moment le livre de mme Ex, qui s'est trouvé sur ma liseuse par une
opération que je n'ai pas comprise. C'est un pur chef d'oeuvre. Vous qui aimez par exemple " la salle bruisse de clameurs..." vous devriez adooorer comme on dit dans ce joli monde!
Ma remarque sur les pains au chocolat n'a pour autre but que de vous sauver la vie si d'aventure vous vous trouviez par chez nous (dans le sud ouest) pour acheter une chocolatine, car ce sujet est
ici extrêmement sensible.
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D
Vindiou ! France Culture a explosé ses audiences !
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Y
Je constate que vous n’êtes pas la seule à prendre vos informations à la meilleure source. Cet article a été commenté par 1652 visiteurs.

Pour ma part, néanmoins, je ferai attention, à l’avenir. Et je n’ouvrirai mes emballages de pains au chocolat que dans l’intimité la plus stricte.
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D
Sur France Culture, lors d'une interview d'un écrivain qui a été vigile dans des grands magasins, ils ont lu un passage de son livre. Je cite de mémoire "Quant le portique sonne, les Allemands font
un pas en arrière et avancent pour vérifier si c'est bien eux, les Français regardent autour d'eux pour voir s'ils peuvent accuser un autre client, et les Brésiliens lèvent les bras".
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T
Comment ça, un "pain au chocolat"?
Lisez ceci et vous verrez que vous avez risqué plus que la perte de vos dents et votre relégation dans la population des "sans dents" honnis:
http://www.legorafi.fr/2013/03/20/toulouse-il-se-fait-abattre-de-46-balles-dans-le-corps-pour-avoir-demande-un-pain-au-chocolat/
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Y
Un téléviseur de 120 centimètres ? Aucun risque, foncez ! Un Italien avait bien volé la Joconde au Louvre.

(Il est vrai qu’elle est un peu plus petite et que les gardiens dorment, au Louvre. Mais à la FNAC, les vendeurs passent leur temps à se raconter leur week-end, et ne font absolument pas attention
aux clients)
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Y
J’en avais. Je les ai laissées sur un emballage de petits pains au chocolat, offerts par Jean-François Copé. Depuis, j’ai une dent contre lui.
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R
C’est vrai qu’avec un cutter c’est plus fastoche
Vu que nous n’avons plus de dents :-(
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T
J'aimerais pour ma part me procurer un téléviseur à écran plat de 120cm.
Quelle méthode préconisez-vous?
Je pense me cacher derrière un groupe d'américains bien nourris aux beignets de poulet arrosés de frites. Qu'en pensez-vous? Risqué-je me faire remarquer par les caméras ou les vigiles?
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