Sarkozy à Yamoussoukro

Publié le par Yves-André Samère

Aujourd’hui, les Ivoiriens ont chaussé leurs gros sabots en accueillant Sarkozy, seul chef d’État présent à Yamoussoukro pour la cérémonie d’investiture d’Alassane Ouattara, aux cris de « Merci Sarko ! ». On ne saurait mieux souligner que le nouveau chef d’État ivoirien ne doit son poste qu’à l’armée française – ce que les Français voulaient éviter avant tout.

Au fait, pourquoi Yamoussoukro, que l’on s’obstine à qualifier de « capitale administrative » de la Côte d’Ivoire ? Or il n’y a aucune administration à Yamoussoukro, que je connais bien, figurez-vous. Lorsque cette ville a été désignée comme capitale politique du pays, aucun ministère, aucun service public n’y a déménagé : tous sont restés dans les deux luxueux gratte-ciels, construits à grands frais au centre-nord d’Abidjan à l’époque où le pays ne manquait pas d’argent, grâce à la vente du cacao. En fait, Yamoussoukro ne peut même pas posséder un aéroport international, car il faudrait pour cela qu’elle dispose d’un hôpital suffisamment grand et bien équipé, qu’elle n’a pas !

Ce déménagement fictif de la capitale est un effet de la courtisanerie du maire d’Abidjan, qui, pour faire sa cour au président Houphouët-Boigny, avait proposé à l’Assemblée nationale que le village natal d’Houphouët soit promu au rang de capitale. Il était sans doute un peu encouragé en sous-main par la vanité proverbiale du président, qui se manifestait par la construction d’églises géantes et par sa course, hélas menée en vain, pour tâcher de décrocher le Prix Nobel de la Paix ! Bref, Yamoussoukro devint une capitale toute symbolique, mais rien ne changea dans l’administration.

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