Sartre et le cinéma

Publié le par Yves-André Samère

Ce qu’on désigne couramment par l’expression « le grand public » n’associe pas forcément le nom de Jean-Paul Sartre au cinéma. Pourtant, le philosophe y a été assez présent.

D’abord, il y a eu les documentaires où il apparaissait : La vie commence demain, long métrage de l’excellente réalisatrice Nicole Védrès, en 1949 ; il y était filmé en même temps que Le Corbusier, André Gide, Pablo Picasso et Jean Rostand. La même année, Jacques Baratier le filmait dans Désordre, un court métrage de dix-huit minutes, avec notamment Jacques Audiberti, Annabel Buffet, Jean Cocteau, Simone de Beauvoir, Jean Genet, Juliette Gréco, Paul Guth, Claude Luter, Marcello Pagliero, Roger Pierre, Raymond Queneau, Jean Richard, Jean-Marc Thibault, Nicole Védrès, Odile Versois, Boris Vian et Orson Welles, un sacré désordre en effet ! En 1967, le même réalisateur donnait une suite à ce film, intitulé Le désordre à vingt ans, qui durait cette fois une heure et réunissait à peu près les mêmes célébrités, auxquelles s’ajoutaient Arthur Adamov, Antonin Artaud, Sidney Bechet, Roger Blin, Jean Cau, César, Sophie Desmarets, Claude Nougaro, Raymond Queneau, Michel de Ré et Roger Vadim. Et surtout, en 1976, un film à lui entièrement consacré, Sartre par lui-même, dû à Alexandre Astruc, Michel Contat et Guy Séligmann – le seul que j’ai vu et qui eut un grand succès.

Mais on ignore en général qu’il fut le scénariste ou le dialoguiste des adaptations de ses propres pièces de théâtre, comme Les mains sales, La putain respectueuse ou Les séquestrés d’Altona. On sait encore moins, car son nom n’était pas mentionné au générique, qu’il collabora au scénario du Freud de John Huston, que joua Montgomery Clift.

En fait, les histoires originales qu’il donna au cinéma furent assez nombreuses. La toute première, qui marque sa première œuvre pour le cinéma, est assez connue et s’intitule Les jeux sont faits, que réalisa Jean Delannoy en 1947. Les vedettes en étaient Micheline Presle et l’acteur-réalisateur Marcello Pagliero, mais on trouve dans la distribution une foule d’acteurs qui devaient ensuite devenir célèbres, comme Marcel Mouloudji, Albert Rémy, Guy Decomble, Howard Vernon, Renaud Mary, Danièle Delorme et le futur comique Robert Dalban (235 rôles de truands, comme dans Les tontons flingueurs, ou de concierges d’hôtel), ou d’autres qui l’étaient déjà, comme Marguerite Moreno. Pour ce film, Les jeux sont faits, qui n’était pas tiré d’un livre (le livre fut écrit ensuite) et qui possédait un fond de surnaturel, Sartre écrivit le scénario et les dialogues. Ce film est repassé la semaine dernière à la télévision.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

Yves-André Samère 29/04/2010 09:00


Deux films, deux navets. En fait, sa femme en a tourné davantage comme réalisatrice : trois longs métrages plus un court métrage.


DOMINIQUE 29/04/2010 06:50


Un de nos grands penseurs a aussi fréquenté le monde du cinéma : Bernard Henri Lévy.
Je pense qu'il serait heureux qu'on oublie cette partie de son CV.