Saute dans ton slip, Manning !

Publié le par Yves-André Samère

Wikileaks, bien connu désormais, n’est pas un site de piratage, et son webmaster, Julian Assange, qu’on a flanqué en prison, n’est pas un pirate. En réalité, les informations qu’il a publiées lui ont été fournies par quelqu’un d’autre.

Ce quelqu’un est connu, il s’appelle Bradley Manning, et il est soldat dans l’armée des États-Unis. Il était en fait préposé aux renseignements sur une base irakienne, et ce jeune homme intelligent et courageux, qu’on a évidemment fourré au trou lui aussi depuis mai 2010 (prison de Quantico, en Virginie, si vous désirez lui écrire), paie surtout le crime d’avoir diffusé une vidéo montrant une bavure de ladite armée en Irak – ce en quoi la communauté internationale devrait plutôt le proposer comme Prix Nobel de la Paix. Or il risque cinquante-deux ans de prison pour cet horrible crime, ce traître à la patrie.

Toujours aussi raffinée (pensez à Guantanamo, ou à « l’exportation » vers des pays amis – mais surtout amis de la torture – des terroristes auxquels la loi ne permet pas de leur faire connaître sur le territoire états-unien les joies de l’électricité ou de la noyade en chambre), toujours aussi raffinée, disais-je, l’administration pénitentiaire a inventé, chaque soir à l’heure du coucher, de le priver... de son slip ! On ne lui permet d’en passer un qu’à l’appel du matin. Certes, ce n’est pas terrible, et on a connu pire dans nos propres prisons, mais le sel de la plaisanterie vient de ce que le garçon est homosexuel, qu’il aurait informé Wikileaks pour se venger de l’homophobie de l’armée, et que c’est donc une bonne blague à faire à une de ces sales petites tantes que Dieu déteste (on se demande même pourquoi il les a créées).

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