« Secrets d’histoire » : Molière

Publié le par Yves-André Samère

Même si cette programmation n’était pas tout à fait dénuée d’un brin d’opportunisme publicitaire, puisque Alceste à bicyclette devait sortir en salles le lendemain et que la chaîne est co-productrice de ce film avec Luchini en vedette, j’ai apprécié l’édition de Secrets d’histoire, consacrée à Molière et diffusée hier soir sur France 2, d’autant plus que c’était court, et honnête. Ainsi, contrairement à ce que racontait naguère ce film idiot d’Ariane Mnouchkine, Molière, en 1978, Louis XIV n’a nullement laissé tomber son dramaturge favori à l’occasion de l’affaire Tartuffe ! Au contraire il l’a soutenu autant qu’il a pu.

Et puis, ce documentaire a eu cette autre honnêteté de ne pas passer sous silence la seule attirance homosexuelle connue chez Molière : celle pour le jeune acteur Michel Baron, qu’il a engagé à 13 ans, et qu’il a hébergé. D’où frictions avec la légitime, Armande Béjart, et cela s’est terminé par une gifle. Baron a dû partir, mais il est revenu quelques années plus tard, a réintégré la troupe, est devenu auteur, et il a assisté à la mort de son vénéré patron.

Cela étant dit, j’ai le désespoir d’avoir dû relever une faute de français dans la bouche de... Michel Bouquet, « C’est de l’homme dont il se moque ». Cher Michel, cette expression boiteuse est indigne de vous ! Cela m’a fait souvenir que j’avais relevé, l’année dernière, un cuir dans celle de Gérard Philipe (eh oui...). Rappelons qu’un cuir, c’est une liaison mal-t-à propos. Or, dans le célèbre film de Max Ophüls La ronde, on l’entend dire « Ceux qui croient z-à l’amour trouvent toujours une femme pour les aimer ». Personne ne s’en est aperçu, ni l’acteur, ni le dialoguiste, ni le metteur en scène, et probablement pas les critiques.

Note : l’émission était suivie par la retransmission d’une pièce de théâtre à la Comédie-Française (filmée au Théâtre éphémère construit dans la cour du Palais-Royal). Quelle bonne idée ! On allait donc voir une pièce de Molière, ça tombait bien. Ben non, ils nous ont refilé une pièce de... Marivaux, Le jeu de l’amour et du hasard. C’est vrai qu’il est très difficile de trouver une pièce de Molière dans le répertoire enregistré de la Comédie-Française.

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