Si je suis élu président...

Publié le par Yves-André Samère

Il me semble que si j’étais élu président de la République (pas de panique, ce n’est pas pour demain), je commencerais par vérifier que ma connaissance de la Constitution est à jour, car j’en serais le garant – comme on dit. Naturellement, je ne chercherais pas à la tripatouiller pour l’adapter à mes goûts et opinions, sachant que je ne serais là que pour cinq ans, dix en étant optimiste, et qu’elle n’a pas été instaurée pour que je joue au Meccano avec.

Il me semble aussi qu’à partir du jour où j’entrerais à l’Élysée, je tâcherais d’y rester. Par exemple, je ne chercherais pas à profiter de ma fonction pour voyager tous les jours sous divers prétextes. D’abord, parce que je déteste prendre l’avion ; mais aussi, parce que je ne pense pas, en effet, que le chef de l’État doive jouer : 1. les mouches du coche en assistant à toutes les conférences qui se tiennent de par le monde, sachant que la présence des vedettes n’est utile que pour la photo et la cérémonie des signatures, l’essentiel ayant été discuté et décidé avant, et ailleurs, et par des gens payés pour cela ; 2. les représentants de commerce, chargés de fourguer ici ou là, tantôt des armes de guerre, tantôt d’énormes avions aussi pollueurs qu’inutiles, tantôt des TGV dont nos potentiels clients ne les achèteront que si nous leur livrons nos secrets de construction (ce qu’on appelle joliment « transferts de technologie »), dont ils sauront faire bon usage pour fabriquer à moindre prix nos précieuses marchandises, qui désormais deviendront invendables parce que trop chères.

Enfin, cédant sans doute à ma paresse naturelle, pour une fois encouragée par ladite Constitution, je ne chercherais pas à gouverner moi-même en intervenant sur tous les sujets trois fois par jour et au risque de me répéter, voire de me ridiculiser. Je laisserais faire le Premier ministre, puisque l’article 20 de la Constitution prescrit que « le gouvernement détermine et conduit la politique de la nation ». Un peu oublié, cet article, semble-t-il...

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