Sincérité radiophonique

Publié le par Yves-André Samère

Entendu aujourd’hui, au Fou du Roi, le cher Stéphane Bern dire à Véronique Sanson, qui fait chanteuse dans le civil : « Vous aimez les choses qui vous mettent en danger, qui vous font vibrer ». Et la chanteuse d’approuver, bien entendu.

Moi, de mon côté, je me marre en douce, vu le côté pince-sans-rire de Stéphane, et voici pourquoi.

Il y a une dizaine de jours, feuilletant mes archives cinématographiques, je suis tombé sur une interview de Béatrice Dalle datant de 2006 (l’interview, pas Béatrice Dalle). Elle y disait ceci : « J’entends tellement souvent les comédiens se plaindre, dire qu’ils se mettent en danger. Il y a des gens qui font des métiers dangereux, vraiment dangereux. Quand on est acteur, on est bien traité ; je suis une princesse sur les tournages, je ne vois pas où est le danger. C’est indécent de se plaindre ». On sait que Béatrice Dalle, si elle ne ferait qu’une bouchée d’Emmanuelle Béart, garde un peu de place pour sa langue, qu’elle met rarement dans sa poche ; et qu’elle ne ménage pas les gens qui font le même métier qu’elle, ce qui me la rend assez sympathique.

Or, dans son émission, Bern reçoit beaucoup d’acteurs, et, vu qu’il ne rêve que de remonter sur scène, il leur passe des tonnes de pommade, flattant notamment leur lubie de se dire « en danger » (et s’y mettant volontairement, ces martyrs) chaque fois qu’ils jouent un rôle s’écartant un peu de leur ordinaire ; par exemple, Sandrine Kiberlain jouant une femme dont tout le monde est amoureux, ou Kad Merad interprétant un musulman qui fait le Ramadan. Cette prétention de se mettre en danger par le seul fait d’exercer leur métier, bien qu’ils l’exercent peu dans les mines de sel, ne fait pas illusion, mais ils semblent y tenir, ces clowns.

Je n’ai pas pu résister, et j’ai envoyé à Bern la citation de Béatrice Dalle, « sans aucune malice », précisais-je malicieusement. Et il m’a répondu dès le lendemain en ces termes : « Je suis entièrement d’accord avec ce que dit Béatrice Dalle ! ». Manière de sous-entendre que ce petit hypocrite n’était pas dupe de ce qu’il disait à l’antenne.

Et maintenant, comme vous avez oublié le début de ma petite note, relisez le premier paragraphe.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :