Sortir de la récession : la Suède

Publié le par Yves-André Samère

Figurez-vous qu’en 1990, la Suède était dans une dèche assez comparable à celle que connaît aujourd’hui l’Espagne. Or on ne cite plus la Suède comme un pays au bord de la ruine. Que s’est-il passé ?

Il s’est passé qu’en Suède, ils ont des dirigeants qui ne sont pas les champions du dogme à la mode mélenchonienne. Au contraire, ils sont pragmatiques. Outre cela, lorsqu’une mesure pénible est à prendre, ils ne réfléchissent pas durant dix ou quinze ans, ils la prennent immédiatement. Des sauvages...

La solution ? L’austérité, bien entendu, mais appliquée ni trop fort, ni trop vite, ce qui risquerait de prolonger la récession. Pas comme de nos jours en Grande-Bretagne, par exemple.

Donc, en 1990 en Suède, le tableau était à faire peur : éclatement de la bulle immobilière, banques en faillite, compétitivité en berne, et récession. En 1993, le déficit public grimpait à 12 % du PIB ; en 1995, la dette publique était de 80 %. Face à l’urgence, le gouvernement a coupé les dépenses, augmenté les taxes et accéléré les réformes, en s’appuyant sur le consensus politique et une forte cohésion sociale. Les retraites ont été réformées dès 1990, les services publics (transports, énergie, télécommunications) ont été dérégulés, on a établi des règles strictes sur les finances publiques en imposant un excédent budgétaire de 1 %. Évidemment, tout ça nécessite un minimum de courage politique, et une population qui ne se répand pas dans les rues à la moindre baisse de son pouvoir d’achat... lequel baissera de toute façon, qu’elle proteste ou non.

Certes, la crise n’était pas alors généralisée, et les marchés exerçaient une moindre pression. Et puis, la Suède n’a pas, ensuite, adopté l’euro, ce qui lui a permis de dévaluer sa monnaie – la couronne – de 25 %, mesure qui a relancé les exportations. Enfin, on a cessé de jouer à l’État providence, et la droite comme la gauche ont été d’accord, si bien que les dépenses sociales ont baissé.

Encore une fois, chez nous, l’austérité va pointer son nez. Autant le savoir et s’y préparer. En Europe aujourd’hui, aucun gouvernement ne brime volontairement sa population, nous ne sommes pas en Syrie. Et donc, gémir et brailler ne sert à rien. Plus tu refuses le remède, plus tu seras malade longtemps. Et peut-être, tu y passeras.

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