« Sous le choc », comme d’habitude

Publié le par Yves-André Samère

Aujourd’hui, sur France Inter, j’ai entendu au moins une demi-douzaine de fois les expressions « sous le choc » ou « en état de choc », principalement à propos des attentats à Copenhague, et aussi pour les (presque quotidiens) noyés de Lampedusa. Or j’ai parlé de cette manie journalistique un nombre incalculable de fois.

Rappelons donc qu’il n’y a pas d’état de choc collectif, sauf cas de bombardement massif d’une ville. Seul UN individu peut se trouver en état de choc, qui est un état relevant de la psychiatrie. Et un individu en état de choc ne parle plus, ne dort plus, ne mange plus, erre comme un zombi, il ne ressemble pas du tout à ce qu’on peut voir dans les rues de Paris ou de Copenhague après un attentat, même meurtrier comme celui de « Charlie-Hebdo ». On n’est sous le choc que si on a été atteint soi-même ou via un membre de sa famille ; pas après avoir appris une nouvelle à la radio ou à la télévision. Un badaud est un badaud, pas un malade qu’on doive hospitaliser. Il est très malhonnête de vouloir nous faire avaler que la population d’une ville entière, voire d’un pays, soit à ce point atteinte après deux attentats ayant causé DEUX morts que, soyons réalistes, presque personnne ne connaissait.

Bref, tout cela, c’est du battage médiatique, et rien de plus.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

Y
Gilles, qui a des connaissances médicales que je n’ai pas, confirme, de manière plus précise que moi, qu’il n’y a pas d’état de choc collectif. Comment justifier que le fait qu’UN homme a tué DEUX
personnes puisse « choquer » un pays de cinq millions et demi d’habitants ? Répéter inlassablement ce genre de terme produit l’effet qu’on devait en attendre : les mots perdent leur sens.

Donc, tout cela, c’est du « buzz », comme il faut dire, fait par des niais qui s’écoutent parler. Et entendre sans cesse radoter que « Ce soir, toute la ville de Fouilly-les-Oies est en état
de choc », il y a de quoi vous mettre en état de choc.
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D
Oh, on pourrait dire "choqués", ce qui ne serait pas un non sens. Mais il faut "être en..." et autres complications. Alors, dire "les Danois sont choqués", ce n'est pas assez dramatique, voyons.
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G
Cet état de choc, qui me fait toujours grincer des dents quand je l'entends appliquer à des populations ou des groupes de personnes. Il n'existe qu'en terme médical pour désigner une détresse
circulatoire aiguë. La seule expression qui pourrait s'appliquer à ce que veulent décrire les journaleux est le traumatisme psychique mais c'est moins percutant, voire ...choquant.
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