Souvenir (pas) enfuis

Publié le par Yves-André Samère

Dans le compte-rendu que, page 6, « Le Canard enchaîné » fait cette semaine du roman IQ84, de Haruki Murakami, je relève cette phrase qui, mine de rien, m’interpelle au niveau de mon vécu, comme dit souvent José Artur : « Le héros est obsédé par une image récurrente d’une scène dont il est impossible qu’il se souvienne puisqu’il n’avait même pas deux ans ».

Ainsi donc, il paraît universellement admis qu’on ne peut pas avoir de souvenirs qui remontent à un âge aussi tendre.

Cette idée reçue m’a toujours parue étrange, non moins que ceux qui la soutiennent, et prétendent qu’on ne peut pas avoir de souvenir d’avant ses cinq ans : sur quoi se fonde-t-on pour affirmer une chose pareille ? Évidemment, je n’ai aucune preuve, et aucun témoin sous la main, mais j’ai bel et bien des souvenirs remontant à l’âge de deux ans, et même avant. Ainsi, lorsque ma famille et moi avons quitté ma ville natale parce que mon père avait été muté dans le sud, alors que j’avais un an, je garde en mémoire quelques souvenirs du premier des deux logements que nous avons eus, et où nous ne sommes pas restés longtemps ; je revois parfaitement une terrasse inondée de soleil, et, dans la salle de séjour, mon berceau à roulettes que décorait un tissu rose et fleuri. Puis, un peu plus tard, notre installation dans un autre appartement, annexe du garage Citroën. Et ma première séance de cinéma, précisément vers deux ans (c’était un film de Tarzan, dont j’ai retenu quelques images de guerriers noirs armés de sagaies et porteurs de boucliers).

Y a-t-il une seule impossibilité physique de se souvenir de cette époque ? Si quelqu’un possède une preuve… Je parle d’une preuve, pas d’une opinion que tout le monde répète sans l’avoir jamais vérifiée.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

DOMINIQUE 14/09/2011 14:44


Ma mère se souvenait qu'un jour elle a tendu sa main vers la poitrine de sa mère, celle-ci lui a dit "non non, c'est fini". Plus tard ma mère s'est bien fait préciser la date de la fin de son
allaitement. Donc...
On peut penser qu'un tel déchirement laisse un souvenir. Même dans le cerveau d'une gosse de deux ans - et demi !