Soyez clément pour la clémentine !

Publié le par Yves-André Samère

Entendu, ce matin sur France Inter, le cher Alain Baraton. Comme il est jardinier en chef au château de Versailles, il cause agriculture. Vous savez bien, cette pratique consistant à faire pousser des trucs qui, horreur ! poussent dans la terre et qu’il faut laver avant de les manger.

Ce matin, donc, il a entrepris de nous dire tout, tout, tout, non pas sur le zizi, mais sur la clémentine. Hélas, il ne savait pas grand-chose, et le peu qu’il en a dit est sujet à caution, comme on dit si bien dans « Le Figaro ». Par exemple, que la clémentine a été créée par un certain père Clément, et que, peut-être, Clément s’était contenté de baptiser ce fruit venu en réalité de Chine.

Eh bien, pour une fois, j’en sais davantage qu’Alain Baraton – et je précise que mes lumières ne viennent pas de Wikipedia.

La clémentine, fruit sans pépins dérivé de l’orange et qui dégage une odeur délicieuse, a bel et bien été créée par le frère Clément (pas le père), un simple moine. Cela se passait en Algérie, à Misserghin, une localité située à une quinzaine de kilomètres au sud-ouest d’Oran, tout près de la Sebka (c’est un lac). Une communauté de moines y gérait une plantation d’oranges, qui existe toujours, sur cinq cents mètres environ, et le frère Clément y a sa tombe, que j’ai vue. Les moines tiraient un profit honorable de leur plantation, ce qui leur avait permis d’édifier une petite église, pourvue d’un orgue électronique sur lequel j’ai joué. Ils avaient aussi une école, dans laquelle un de mes amis s’était fait embaucher ; il logeait sur place.

J’ai passé plusieurs mois à Misserghin, et j’en ai un excellent souvenir. Le parfum des oranges flottait partout. Il faut dire que le climat de la région d’Oran est très favorable, même s’il y pleut assez souvent.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :