Staline, assassin de Lénine ?

Publié le par Yves-André Samère

On ne le crie pas sur les toits, mais c’est probablement Staline qui a fait assassiner Lénine, par empoisonnement.

En 1923, Lénine eut une attaque cérébrale, qui le handicapa gravement. Il sembla se rétablir en janvier 1924, mais... il mourut subitement le 21 janvier (comme Louis XVI !), à 18 heures 50. On ne put pas faire revenir Trotsky, en convalescence lui-même pour une maladie que les médecins n’avaient pas pu diagnostiquer. S’il avait été présent, il aurait peut-être raconté que Lénine préparait une dénonciation de Staline devant le Congrès du Parti : il comptait dénoncer ses « désordres bureaucratiques et ses agissements », ce qui contraindrait Staline à la démission. Une sorte d’avant-première à la dénonciation faite par Krouchtchev... bien après la mort du tyran !

Staline savait que Lénine allait le dénoncer, aussi avait-il interdit que les membres du Politburo (Zinoviev, Kamenev, Dzerjinsji) rendent visite au malade, et avait annoncé aux deux premiers ainsi qu’à Boukharine, le 20 décembre précédent, qu’il était temps de préparer ses obsèques.

Lénine mort, Staline régla tout : pas d’autopsie, et le mort serait embaumé, selon le désir, dit-il, de dirigeants provinciaux qui avaient sollicité cette opération en guise d’hommage. Pratique, car, dans ce cas, on ôte les viscères et on les incinère. Rien de mieux pour éliminer toute trace d’empoisonnement !

Cela ne prouve pas l’empoisonnement, bien entendu, mais on a su que Staline avait fait fabriquer du poison par une de ses créatures, Genrikh Yagod, ancien pharmacien, en prétendant que Lénine en personne lui avait demandé ce moyen de mettre fin à ses souffrances, et l’avait remercié de lui éviter ainsi une nouvelle attaque.

Bien des années plus tard, au cours d’une beuverie, Ivan Gronzki, rédacteur en chef des « Izvestia », accusa Staline de ce crime... et fut illico expédié au goulag, où il resta seize ans, jusqu’à la mort du dictateur. Il fut alors libéré et réhabilité. On ne saurait mieux montrer qu’il avait sans doute raison.

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