Steevy, clone d’Alain Delon ?

Publié le par Yves-André Samère

Je viens de feuilleter à la FNAC un gros livre de photos publié par Alain Delon, Les femmes de ma vie. Préface manuscrite de Brigitte Bardot, qui cite même madame de Staël ! Ce livre est donc anthologique sous tous les aspects.

Au hasard de mon feuilletage, je suis tombé sur une vue montrant l’équipe de la pièce Dommage qu’elle soit une putain, écrite par John Ford, qui n’est pas le cinéaste, mais un dramaturge anglais des seizième et dix-septième siècles, et publiée en 1633 sous son titre original ’Tis pity she’s a whore. Lorsque Delon la joua au Théâtre de Paris en 1961, avec Romy Schneider, le titre avait été pudiquement pourvu d’un cache-sexe, et les affiches de l’époque se contentaient d’un « Dommage qu’elle soit une p… », ce qui a dû rappeler de bons souvenirs à Jean-Paul Sartre, lequel avait connu la même mésaventure avec La putain respectueuse !

La pièce dont je parle, et qu’évidemment je n’ai pas vue à cette époque mais bien plus tard – car elle a été jouée plusieurs fois dans des versions différentes –, était alors mise en scène par Luchino Visconti, et les spectateurs d’alors ont dû être bien heureux, car ils ont échappé à ce que j’ai dû subir en juin 1997 au Théâtre de Chaillot, où le metteur en scène avait cru bon de farcir son spectacle avec des intermèdes chantés par les Polyphonies corses, un groupe de chanteurs folkloriques dont les bêlements glapissants m’ont fait regretter Céline Dion ou Lara Fabian.

La photo en question montrait par conséquent Visconti en compagnie de ses interprètes, et une chose m’a frappé : Delon, à cet instant, ressemblait parfaitement (les cons disent « de manière hallucinante ») à Steevy Boulay ! Et comme, à cette date, il n’était pas beaucoup plus cultivé que le cher Steevy, j’en conclus que, dans trente ou quarante ans, les mêmes causes produisant les mêmes effets, celui-ci sera devenu un dieu vivant et parlera de lui-même à la troisième personne.

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