Stendhal homosexuel ?

Publié le par Yves-André Samère

Selon moi, être un grand artiste ne devrait pas seulement vous donner des droits, comme l’ont prétendu les partisans de Polanski ; cela devrait surtout vous imposer quelques devoirs. Et l’on ne peut avoir que mépris pour un grand écrivain qui dissimule par tous les moyens son homosexualité, par exemple. Je pense à Montherlant, qui faisait écrire, par des complaisants, des articles sur « Montherlant et les femmes », alors qu’il détestait le genre féminin, ou qui a écrit quatre romans sur ce thème (le cycle Les jeunes filles), quand il était totalement obsédé par les jeunes garçons. En disant la vérité sur lui, quels services n’aurait-il pas rendu à ceux, nombreux, qui l’admiraient ? Mais non, il préféra la lâcheté.

Peine perdue, tout finit un jour par être dévoilé, ne serait-ce que par un collègue jaloux. Disons un Roger Peyrefitte, plumitif médiocre et langue de pute, mais qui se croyait le meilleur écrivain de France et dénonça Montherlant dans plusieurs livres, avant de publier leur correspondance (très) privée. Tout finit par être dévoilé, parce que les écrivains écrivent (trop).

Ainsi, Stendhal. Pas plus hétérosexuel que lui. Or je parierais volontiers que vous n’avez pas lu son Journal, dans lequel, à la date du 23 mai 1814, étant allé à la Comédie-Française voir Le barbier de Séville, il écrivait ceci : « J’étais à côté d’un jeune officier russe... Cet aimable officier, si j’avais été femme, m’aurait inspiré la passion la plus violente. J’en sentais les mouvements naissants ; j’étais déjà timide. Je n’osais le regarder autant que j’aurais désiré. Si j’avais été femme, je l’aurais suivi au bout du monde. Quel naturel, quelle tendresse. Si une femme m’avait fait une telle impression, j’aurais passé la nuit à chercher sa demeure ». Ben voyons ! Notez les précautions prises : deux fois si j’avais été femme, une fois si une femme m’avait fait telle impression. Mais qui est-ce que cela peut tromper ?

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

Y

D’abord, je ne qualifierais pas de « turpitudes » les préférences sexuelles de qui que ce soit.

Ensuite, on se fiche en effet que X ou Y préfère le bifteck ou les fraises, et on voit mal pourquoi il n’aimerait pas les deux. Mon article ne portait donc pas là-dessus.

Enfin, pour ce qui est de Rimbaud et Verlaine, il n’y a rien à prouver, leur recueil « Hombres » en dit suffisamment.


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