Suicide par défaut d’humour

Publié le par Yves-André Samère

Chacun a entendu parler de cette histoire navrante : un couple d’animateurs de radio téléphone à la clinique de Londres où l’épouse du prince William – le fils de Charles et peut-être futur roi – prépare la mise au monde de leur premier enfant. De ce couple de rigolos (non, je ne parle pas ici de Charles et Kate), la femme se fait passer pour la reine Elisabeth, et demande à parler à la parturiente. Au bout du fil, la secrétaire-infirmière, très aimable, ne remet pas en cause l’identité de l’appelante. L’histoire, que je n’ai pas suivie de très près, ne dit pas si Kate et la fausse Lilibeth ont ensuite conversé, et je m’en fiche, ça ne me regarde pas.

Ce qui compte, c’est qu’évidemment, le canular téléphonique a été révélé, ce qui était bien le but premier. Et que la planète entière s’est marrée.

On nous apprend alors que l’infirmière un peu gourde qui a répondu au téléphone, désespérée de s’être ridiculisée, s’est ensuite suicidée ! Bizarre, on pensait que les Anglais avait inventé l’humour. Franchement, vous connaissez beaucoup d’infirmières sensibles à ce point, dans les cliniques et les hôpitaux ? Pour ma part, ce type de personnel soignant, je n’en ai jamais rencontré un seul exemplaire. Si on est hypersensible, on ne choisit pas ce métier.

C’est pourquoi je me demande si le véritable canular, ce ne serait pas l’histoire du suicide.

Le plus ridicule, c’est que la station de radio qui l’avait diffusé a, du coup, interdit tout canular sur ses ondes. Je suppose qu’à la clinique londonienne où séjournait Kate, on a aussi cassé tous les thermomètres.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

Y
Je connais le « bullying », il sévit un peu partout, et il y a même eu un film (de Larry Clark, en 2001) intitulé « Bully ».

Il reste que mon petit article mettait un peu en doute la santé mentale de cette infirmière, sous réserve de preuve. Car enfin, elle a pu se tuer pour une autre raison inconnue.
Répondre
X
je dois avouer que j'ai également cru un instant que l'histoire du suicide pouvait avoir été inventée comme une sorte de contre-canular...
J'ai ensuite eu la même réaction, en me disant que d'ordinaire le ridicule ne tuait pas, j'ai appris que l'hopital n'avait pas sanctionné l'infirmière qui avait répondu au téléphone, et on n'a même
pas parlé de celle qui lui avait passé l'appel (on serait en droit de se demander si elle n'avait pas reconnu la supercherie et voulu faire une blague à sa collègue...)

Mais ce fait divers m'a rappelé une autre réalité britannique que nous ne traduisons pas facilement en français, il s'agit du bullying. C'est une attitude qui consiste à mettre la pression de
manière répétée sur qq'un, le plus souvent dans le milieux scolaire ou parfois dans la vie professionnelle, et cela débouche sur de nombreux suicides en GB.
Ce parallèle étant fait, la réaction extrême de l'infirmière semble disproportionnée en regard des conséquences réelles que ses réponses ont eues.
Répondre