Suite et fin

Publié le par Yves-André Samère

Aujourd’hui, 22 septembre 2013, au chapitre des feuilletons télévisés, c’est à la fois la fin de Dexter et le début de la quatrième saison de Downton Abbey.

Dexter se termine donc avec le douzième épisode de sa saison 8, intitulé Remember the monsters?, que sans doute je verrai après-demain (c’est le temps qu’il faut, à la valeureuse équipe qui s’en charge, pour fabriquer les sous-titres français et mettre l’épisode en ligne, merci à ces héros). J’aime beaucoup ce feuilleton, dont je signale qu’il s’est développé parallèlement aux livres dont il est issu mais dont il s’écarte très vite. Leur auteur, Jeff Lindsay, ancien musicien devenu un romancier de talent, vit à Miami comme son personnage central, et il couvre sa ville de sarcasmes, faisant d’elle une capitale de la délinquance et de l’incivisme, ce qui justifie les meurtres commis par Dexter, lequel est un justicier, puisqu’il ne tue (et ne découpe, avant d’en jeter les morceaux à la mer) que des criminels avérés mais ayant échappé à la police – à laquelle il appartient ! Cependant, la production télévisée a beaucoup modifié, non seulement les péripéties (à la télé, la femme de Dexter meurt très vite, et ses enfants sont retirés de la circulation, parce qu’il était impossible d’introduire dans l’histoire deux gosses à l’instinct aussi meurtrier que celui de leur beau-père, le public ne l’accepterait plus, même si, en 1972, c’est très bien passé avec L’autre, chef-d’œuvre de Robert Mulligan), mais aussi le style du personnage principal, qui a énormément d’humour et d’autodérision dans les livres, mais pas du tout à la télévision.

Downton Abbey raconte l’histoire d’une famille aristocratique d’Angleterre, et le récit commence en 1912, juste après le naufrage du « Titanic ». Bien entendu, la Première Guerre mondiale va tout bouleverser, et le thème de l’histoire, due au grand scénariste Julian Fellowes, c’est justement les modifications de la société anglaise que cette guerre a induits. Il faut noter que les domestiques de la famille prennent autant d’importance que la famille elle-même, que tous les épisodes sont composés d’un assemblage de scènes très courtes où chaque plan, même ne montrant qu’un simple regard, a une importance, et que les acteurs, anglais donc, sont excellents. Inutile de dire que les bouleversements qui surviennent sont d’une importance majeure sur le plan social (droits des femmes, déclin de l’aristocratie, etc.), puisqu’un simple chauffeur va devenir un personnage essentiel de la famille. Cette saga possède de nombreux points communs avec le cycle du très bon romancier Ken Follett, dont les trois romans sur le vingtième siècle, successivement consacrés à la Première Guerre mondiale, puis à la Deuxième, et enfin à la Guerre froide (ce dernier, pas encore paru), empruntent le même chemin, et qu’ils sont aussi passionnants.

Allez, installez la télévision dans votre cabane à outils !

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