« Sympa » ?

Publié le par Yves-André Samère

Je me suis abstenu, hier, d’écrire quoi que ce soit sur Chirac, dont c’était le quatre-vingtième anniversaire. Il paraît que les anniversaires, c’est comme les décès, ça efface tout souvenir des saloperies commises.

Allons, soyons magnanimes, étendons cette amnistie aux lendemains des anniversaires ! Je n’écrirai donc pas que Chirac a été un président incapable (rappelons qu’il a dissous une Assemblée nationale qui lui était favorable et provoqué ainsi le retour d’une majorité de gauche et une troisième cohabitation) ; qu’il a vécu toute son existence sur le dos des contribuables, n’ayant JAMAIS exercé la moindre profession ; qu’il n’a créé le RPR que pour préparer son élection à la présidence de la République ; que, pour en avoir les moyens financiers, il a VOLÉ les contribuables parisiens ; qu’il s’est fait attribuer à bas prix un appartement dans les beaux quartiers (rue du Bac), alors que ce logement appartenait à la ville dont il était le maire (sa fille Claude y habite toujours) ; que, comme maire, lui et sa femme ont dépensé en moyenne quatre mille francs par jour de nourriture sur toute la durée de leur séjour ; qu’il a laissé condamner Juppé à sa place dans l’affaire des emplois fictifs de la Mairie, système permettant de faire payer par la municipalité des agents qui ne travaillaient que pour lui ; que, réélu à la présidence par des citoyens qui n’avaient voté pour lui qu’afin d’éviter Le Pen, il n’a tenu aucun compte des aspirations populaires et fait comme si le peuple l’avait plébiscité, s’attribuant ainsi un mérite qui ne lui revenait en rien ; que jamais il n’a sorti un centime de sa poche et vécu perpétuellement sur la bête, c’est-à-dire sur nos deniers ; qu’il a acquis un château pour une bouchée de pain, et obtenu, immédiatement après cet achat, que l’édifice soit classé monument historique, donc entretenu par l’État ; que ce château, où il ne met jamais les pieds, soit en permanence gardé par quarante gendarmes, logés dans une caserne construite spécialement pour la cause, gendarmes qui interdisent toute circulation, même piétonne, sur la route qui longe la propriété ; qu’il a repris sans y rien changer les pratiques immorales de la Françafrique héritée de ses quatre prédécesseurs à la présidence ; que, politiquement, il est parvenu à faire oublier que, dans ce milieu, il est considéré comme un « tueur », et qu’il a obtenu la peau de tous ses adversaires. En qu’en somme, la République monarchique, s’il ne l’a pas entièrement inventée, il en a profité abondamment.

Réflexion faite, je n’écrirai pas tout ça, puisque le dogme, en France, c’est qu’on vous passe tout quand vous êtes « sympa ».

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