Tahar Ben Jelloun ferait bien de se taire

Publié le par Yves-André Samère

Éric Besson n’est sans doute pas le ministre le plus sympathique de notre estimé gouvernement, c’est même le recordman du retournement de veste. Mais enfin, lorsque l’écrivain marocain Tahar Ben Jelloun, qui vit et travaille depuis longtemps en France (il a un poste important aux éditions du Seuil), se permet de lui donner des leçons de morale à propos d’une expression, « les bons Français », totalement sortie de son contexte, on se dit que Ben Jelloun ferait bien de balayer devant sa porte. Et voici pourquoi.

Le précédent souverain marocain, père défunt de l’actuel, était Hassan II. C’était un abominable tyran, assassin notoire, fortement soupçonné d’avoir provoqué la mort de son propre père Mohammed V parce qu’il était pressé de lui succéder. Entre autres exactions, il restera dans l’Histoire comme le seul dictateur qui ait envoyé au bagne... un enfant de trois ans et demi, Abdellatif Oufkir, et l’y avoir laissé jusqu’à l’âge de vingt-deux ans. Si vous ne me croyez pas, procurez-vous le livre de Gilles Perrault, Notre ami le roi, et faites-vous votre opinion. Ou téléphonez au cabinet de Me Kiejman (01 45 55 09 00), qui fut l’avocat de la famille Oufkir...

Or Hassan II guignait un territoire, le Sahara Occidental, qui s’étend entre le Maroc et la Mauritanie, et avait saisi la Cour Internationale de La Haye pour y faire valoir ses droits sur ce bout de désert... riche en phosphates, minerai dont le Maroc est le premier producteur mondial. La Cour, hélas pour le dictateur, avait rejeté sa requête, la jugeant injustifiée. Mais le Sahara occidental était une colonie un peu délaissée de l’Espagne, et il se trouva que le chef d’État espagnol, le général Franco, entra en agonie en 1975. Hassan II en profita pour lancer sur le Sahara Occidental une armée de 350 000 chômeurs fanatisés quoique désarmés, opération qu’il baptisa « la Marche Verte». Lorsque Jacques Chancel, qui l’interviewa à Marrakech, lui demanda « Pourquoi 350 000 ? », il répondit exactement ceci : « C’est le nombre de naissances que Dieu nous accorde chaque année, et j’ai pensé que c’était le nombre de sujets qu’on pouvait sacrifier ». Sacrifier...

L’opération réussit, parce que le gouvernement espagnol, privé de sa tête et peu intéressé par sa colonie, n’osa pas riposter. Le Maroc annexa donc le Sahara Occidental, annexion qu’aucun pays ne reconnut, et qui, contrairement aux promesses d’Hassan II, n’a été ratifiée par aucun référendum interrogeant les populations locales.

Quelques années plus tard, un livre parut, très illustré, à la gloire de Hassan II et de son coup de poker (il adorait ce jeu). C’était un ouvrage collectif, rédigé par un certain nombre d’écrivains en vue, surtout français, sous la direction de Maurice Druon, alors secrétaire perpétuel de l’Académie Française et ami du roi. Il s’intitulait La Marche Verte, évidemment. Au nombre des thuriféraires du souverain assassin, on pouvait relever le nom de Tahar Ben Jelloun, qui rédigea trois pages très élogieuses – que j’ai lues. L’écrivain avait revêtu son gilet rayé pour célébrer un dictateur des plus sanglants.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

Yves-André Samère 02/09/2012 09:38

On situe mon agressif commentateur au fait qu’il signe « Le Fassi ». Les Fassis sont les habitants de Fès, haïs au Maroc parce qu’ils étaient les profiteurs partisans du tyran
Hassan II. Or ce commentateur, non seulement ne sait rien de moi et donc rate sa cible, mais il ne sait pas écrire (il confond « dénués » avec... « dénudés » !), et
pas lire non plus. Détaillons.

1. Le lien avec Éric Besson et Ben Jelloun est explicité dans la phrase de début : Ben Jelloun a tenté de donner une leçon de morale à ce ministre, alors que lui-même, en parfait lèche-bottes,
est loin d’être net.

2. Mes informations sur Hassan II ne datent pas de « Notre ami le roi », mais de bien avant. J’ai vécu au Maroc et je connais assez bien son histoire et celle de son tyran. Lisez
Moumen Diouri et le livre des frères Bourequat, ou encore celui de Malika Oufkir. Quant à Abdellatif Oufkir, envoyé au bagne à l’âge de trois ans et demi, je l’ai eu au téléphone il y a une dizaine
d’années, quand il vivait à Paris, dans le quinzième arrondissement.

3. C’est vous qui crachez du venin. Moi, j’ai rapporté des informations VÉRIFIABLES. Et j’en ai bien d’autres en réserve, que je mettrai en ligne quand il me plaira, sans vous demander la
permission.

4. Je vois mal, dans mon article, où j’ai pu dire du bien d’Oufkir, que j’exécrais tout autant que l’exécrait le peuple marocain. Ce qui me fait dire que vous ne savez pas lire.

5. Sur la validité des revendications marocaines à propos du Sahara, c’est Hassan II qui a saisi la Cour de La Haye. Elle lui a donné tort, et tout le monde a pu entendre cela sur les radios
étrangères le soir même. Ce qui n’a pas empêché la propagande royale, sur la RTM, d’affirmer faussement qu’elle lui avait donné raison ! Tout autant qu’un ignoble assassin, Hassan II
était un charlatan.

6. Sur la phrase scandaleuse des 350 000 Marocains qu’on pouvait « sacrifier », elle a été dite sur France Inter et doit exister dans les archives de l’INA. Rien à voir avec le
livre de Gilles Perrault.

Bref, je maintiens tout ce que j’ai dit, et j’en rajouterai quand il me plaira.

Diaspora Saharaui 01/10/2010 19:55


Excellent article! C'est, d'ailleurs, la raison pour laquelle je l'ai publié dans mon blog. Je vous préviens un peu tard, mais vaut mieux tard que jamais.
Cordialement,
Diaspora Saharaui


Le Fassi 01/10/2010 17:12


Je ne vois pas le lien entre Eric Besson, Tahar Benjelloun et Hassan II. A travers cet article vous ne faites que cracher votre venin sur feu Hassan II que vous ne connaissez qu'à travers quelque
torchons comme "Notre ami le Roi". Vos propos sont complètement dénudés de toute preuve et en plus vous osez évoquer Oufkir, un assassin par excellence.

Sinon pour le Sahara, le Maroc ne fait qu'imputer les conséquence de l’épouvantable histoire coloniale de la France qui lui a volé plusieurs territoires pour former l'actuelle Algérie.


Yves-André Samère 30/09/2010 08:51


Rectifions un petit détail : ce n’est pas par la télévision qu’il avait assisté à l’exécution des conspirateurs de Skhirat, mais de visu, avec des jumelles.

Notons au passage que la presse française était à plat ventre devant lui, car il n’était pas avare d’invitations à ses fêtes, et La Mamounia, à Marrakech, ne désemplissait pas.


le nounours masqué 29/09/2010 21:06


Ah! hasan 2 tout un poeme...Un frederic de prusse en babouches capable de parler des fables de La fontaine à jean-Pierre Foucaut et faire pendre ses colonels en asssitant aux executions par la
television...Monsieur Lyautey dot se retourner dans sa tombe!