Tous enfumés par DSK

Publié le par Yves-André Samère

On nous informe aujourd’hui que Dominique Strauss-Kahn a été entendu dans l’affaire le concernant et qui porte sur la plainte pour tentative de viol déposée par une femme, Tristane Banon, laquelle doit être un peu atteinte, elle aussi, d’anosognosie, puisqu’elle se plaint d’avoir été agressée, mais huit ans après les faits !

DSK est sorti libre de cette audition, et on ne nous dit pas si quelque chose a été retenu contre lui. De même, la justice états-unienne l’avait libéré au bénéfice du doute, circonstance qui a évidemment justifié qu’on lui fasse un accueil de chef d’État, il y a huit jours, à son retour à Paris.

Ce que je sais, moi qui ne sais rien de ces manifestations de débordement de sève qu’on trouverait moins étonnantes chez un garçon entre quinze et vingt ans, c’est que DSK est le roi de l’enfumage, et cette fois, je ne m’appuie sur aucune affaire de sexe.

Souvenez-vous de l’histoire de la cassette Méry : le 24 mai 1996, Jean-Claude Méry, ancien homme-clé des finances secrètes du RPR puisque collecteur de fonds du parti chiraquien, confesse devant une caméra vidéo une histoire particulièrement croustillante, puisqu’il raconte une histoire à base de magouilles, qui l’avait d’ailleurs conduit en prison deux ans plus tôt. Méry meurt d’un cancer en juin 1999, et le journal « Le Monde » publie en 2000 le contenu de la cassette. La postérité retiendra surtout qu’il y était question d’une mallette contenant cinq millions de francs en liquide, remise à Jacques Chirac dans son bureau. Mais aussi, après la mort de Méry, son avocat de Méry raconte avoir remis cette cassette à DSK : il la lui aurait donnée en échange d’une remise fiscale de 160 millions à Karl Lagerfeld (DSK est ministre de l’Économie et des Finances, à cette époque).

Or, et c’est là que je voulais en venir, DSK reconnaît avoir reçu cette cassette, mais ne l’avoir jamais regardée (!), et l’avoir égarée ! Quelle tête de linotte, ce grand financier…

C’est pourquoi je demande qu’on attribue, à l’ex-directeur général du FMI, le très mérité Prix Pinocchio.

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