Tous gaullistes !

Publié le par Yves-André Samère

C’est aujourd’hui l’anniversaire de la mort de De Gaulle, et, pour une fois, je serai de l’avis des gaullistes – même si de nos jours, plutôt partisans de Sarkozy, ou... d’eux-mêmes, ils restent les seuls à se prétendre tels.

En bref, ce jour, on se bouscule à Colombey-les-deux-Églises, dont le petit cimetière recèle la tombe de l’ancien président de la République. Or, scandale, on y voit une candidate socialiste à la mairie de Paris, la chère Anne Hidalgo (vous savez bien, celle qui dit tout le temps « les Parisiennes et les Parisiens », la sotte), et Florian Philippot, pilier du Front National. Pour ne rien dire de ce pauvre François Fillon, dont on ne sait plus très bien où il se trouve en ce moment.

Il faut avouer que c’est d’un burlesque qui dépasse les normes admises dans le monde politique. Les socialistes ont toujours combattu De Gaulle, et ils n’avaient pas tort, de leur point de vue. Leur idole, Mitterrand, a même écrit sur lui son seul livre passable, Le coup d’État permanent, qui ne ménageait pas son adversaire et disait sur lui quelques vérités bonnes à dire. De sorte qu’envoyer une de leurs représentantes faire mine de lui rendre hommage sur sa tombe, c’est du genre croquignolet (et pas du tout racoleur, en vue de l’élection municipale qui s’approche). Mais le Front National ! Rappelons que ce parti rassemble tous ceux qui ont voulu la mort de De Gaulle et ont tenté à plusieurs reprises de le faire assassiner. Mongénéral s’en est d’ailleurs bien vengé en refusant de gracier Bastien-Thiry, auteur d’un de ces attentats ratés, et l’a laissé fusiller...

Ça n’a rien à voir, mais je voudrais ajouter qu’attribuer à De Gaulle la création de la Résistance, comme je l’ai entendu ce matin à la radio, est une bouffonnerie ou une imposture. Dans TOUT pays occupé par une armée étrangère, la résistance naît spontanément, et la Résistance française contre les nazis est apparue sur le sol français (que De Gaulle avait quitté) sans qu’il ait pu s’en mêler. Demandez aux communistes, si vous en trouvez encore un. La vérité est que Churchill, Premier ministre britannique, cherchait à l’époque un Français capable de prendre la tête des Français libres, c’est-à-dire réfugiés à Londres et prêts à retourner combattre en France sous l’uniforme français – or la Résistance, c’était plutôt des civils, et n’ayant pas quitté le sol national –, et qu’après pas mal de recherches et autant de refus polis, il est tombé sur un De Gaulle qui se morfondait, et qui a accepté.

Et maintenant, imaginez que Churchill, qui n’aimait pas du tout De Gaulle, ne lui ait rien proposé ! Nous vivrions toujours en Quatrième République, régime un peu plus démocratique si on le compare à la Cinquième.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :