« Tribute bonds »

Publié le par Yves-André Samère

Il s’est instauré une mode que certains trouvent excellente, et que j’estime déplorable. Lorsque un groupe musical célèbre perd un de ses composants, comme il ne faut pas désamorcer la pompe à phynances, on remplace par un clone l’élément disparu. On me dit dans mon oreillette que cela s’appelle un tribute bond (traduction : un hommage obligataire, sic).

Inutile de préciser que, si le suppléant s’efforce de ressembler au disparu mort ou retraité, le plus souvent, l’entreprise sombre dans le ridicule. Je me souviens avoir assisté, à l’Olympia il y a quelques années (vers 2005 ou 2006, je ne me souviens plus), à un concert « de Queen », qui était une pure escroquerie. On avait seulement oublié de signaler qu’aucun des membres du groupe mythique ne serait sur scène, alors qu’il en restait trois en vie – dont un qui avait quitté le métier, le guitariste de basse, John Deacon, admettons. Si bien que Brian May, à la guitare, et Roger Taylor, à la batterie, brillaient par leur absence. (Évidemment, nul ne s’attendait à voir Freddie Mercury, mort en 1991 !)

Restaient donc trois musiciens passables, et un chanteur grassouillet qui n’avait de Mercury que le fait de transpirer beaucoup.

Assis au premier rang d’orchestre, j’avais failli partir dès la première chanson...

Il n’y a pas que Queen. Les anciens Doors ont remplacé Jim Morrisson par Billy Duffy, le chanteur de The Cult. Le VRAI groupe Queen, sans Mercury ni Deacon, a repris ses activités (on l’a vu et entendu lors de la soirée inaugurale des derniers Jeux Olympiques), sans chercher à faire croire que la belle époque renaissait, et c’est Paul Rodgers, qui vient de l’ex-groupe Free, qui tient le rôle de chanteur. Inutile de dire qu’il ne tente pas de se faire passer pour le disparu. Mais, pour ma part, je n’irai en aucun voir cet ersatz, ni n’écouterai leurs disques. Quand c’est fini, c’est fini. On a vu ce que cela donnait quand des aigrefins ont tenté de faire renaître Édith Piaf : la chanson française a hérité de Mireille Mathieu !

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

D
J'ai écouté un jour un ersatz de Queen, un CD donné par un ami. Il a fini à la poubelle. Pas l'ami, mais le CD.
Encore que. Je ne le remercie pas.
Je pense que je ne vais pas tarder à re-re-re-revoir "Queen à Wembley".
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