Trois âneries sur Mozart

Publié le par Yves-André Samère

Comme tout un chacun, je m’intéresse à Mozart (pas question d’écrire le contraire, je ne tiens pas à me faire lyncher par les mozartiens de stricte obédience, ces gens-là sont féroces). C’est pourquoi je suis en mesure de dénoncer trois sottises qu’on sort souvent à son propos.

Première sottise : Mozart était autrichien. Non. Je sais bien qu’il est né à Salzburg et que Salzburg est une ville autrichienne. Aujourd’hui ! Mais à l’époque de sa naissance, en 1756, elle ne l’était pas, elle faisait partie du Saint Empire romain germanique. Autrement dit, Mozart était bel et bien allemand.

Deuxième sottise, il se prénommait Wolfgang Amadeus. Non plus. Cette fable vient d’une pièce de théâtre de Peter Shaffer. Sur son acte de naissance, il est inscrit « Joannes Chrysostomus Wolfgangus Theophilus Mozart ». Mais ce Theophilus, qui signifie en grec « aimé de Dieu » (ou « ami de Dieu », c’est un peu flou et impertinent), a été transposé en latin pour donner Amadeus. Par la même occasion, Jean et Chrysostome sont tombés aux oubliettes. Dans sa famille, on utilisait également Gottlieb, qui signifie la même chose en allemand.

Troisième sottise, sa grande préoccupation, peu avant son décès, était la composition de son Requiem, et il l’a terminé sur son lit de mort. Rien de plus faux, et la réalité est bien plus prosaïque, mais on ne pourrait pas en tirer un scénario (comme celui de ce film idiot réalisé par Milos Forman, un ringard de première catégorie, mais très coté). Le Requiem lui avait été commandé par un aristocrate qui avait la réputation de s’attribuer la paternité des morceaux qu’il faisait composer, si bien que Wolfie, pas chaud, traîna les pieds, en dépit de l’avance qu’il avait reçue, et d’autant plus qu’il avait d’autres compositions en tête et en vue : deux opéras dont La flûte enchantée, son Concerto pour clarinette, et une cantate. Si bien que, du Requiem, il aurait pu dire, comme Rhett Butler à Scarlett O’Hara quand ils se séparèrent : “ Frankly my dear, I don’t give a damn”. Mozart a donc commencé son Requiem, mais ne l’a pas terminé, et c’est son élève Süssmayer qui s’est chargé de l’achever (le Requiem, pas Mozart). Après sa mort, évidemment, sur les instances de la veuve, Constance.

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