Trop de livres ?

Publié le par Yves-André Samère

Ce matin sur France Inter, et comme chaque année à la même époque, on a pu entendre le gémissement habituel : il y a « trop de livres » ! La rentrée, c’est-à-dire la période précédant les prix littéraires les plus connus, fin octobre ou début novembre, va voir jeter sur le marché environ 640 livres nouveaux, des romans essentiellement – et il y en aura environ 500 autres en janvier. D’où cette impression de surabondance.

Or, si l’on rapporte le nombre de livres publiés, de toutes les catégories, au nombre d’habitants d’un pays, il faut mettre un bémol : en 2009, on a publié en France 76 205 livres, pour une population (métropolitaine) de 64 millions d’âmes. Or, en Espagne, il y a eu 70 000 livres pour seulement 45 millions d’habitants ; et en Grande-Bretagne, 110 000 livres pour 58 millions d’habitants ! Notons que, grâce à la loi Lang datant des débuts du septennat de Mitterrand, nous avons conservé davantage de librairies que les pays voisins.

Ce qui a changé, c’est le niveau des tirages, qui a beaucoup baissé : 5200 exemplaires en moyenne en 1996, et 2400 aujourd’hui. Également, la durée de vie des livres, qui ont deux ou trois mois seulement pour être vendus ; ensuite, ils sont retirés des rayons pour faire place aux nouveautés. Dans les très grands magasins, ce qui n’a pas été vendu est mis en réserve, sinon, c’est renvoyé à l’éditeur ; et les invendus, au mieux, finissent chez les soldeurs du genre Mona Lisait, au pire, ils sont mis au pilon, c’est-à-dire détruits pour faire… de la pâte à papier. Retour aux origines !

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

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Trop de livres, jamais trop. Mais pas assez de correcteurs, ça oui.
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