Une dictée au « Canard » ?

Publié le par Yves-André Samère

J’ai plusieurs fois mentionné que « Le Canard enchaîné », comme tous les journaux et toutes les maisons d’édition, employait des correcteurs, qui donc corrigent, voire réécrivent la plupart des articles. C’est normal, on peut être très doué pour produire des textes, et n’avoir aucune notion d’orthographe ou même de grammaire. Et l’estimable journaliste-écrivain François de Closets a publié en 2009 un ouvrage, Zéro faute : L’orthographe, une passion française, dans lequel il raconte combien il a souffert d’avoir été nul en orthographe. Ce qui ne l’a pas empêché d’écrire vingt-trois livres, dont j’ai lu une bonne moitié, sur tous les sujets, et qui sont très intéressants.

Donc « Le Canard » emploie un (ou des) correcteur(s), chargé(s) de veiller à la bonne tenue des textes à imprimer. Je devrais peut-être dire qu’il les employait, ou que tous les correcteurs sont partis en vacances, car ce journal, connu naguère pour la parfaite qualité de ses textes, se relâche nettement. Et, au hasard de ma lecture du dernier numéro, celui du 1er octobre, je trouve ceci :

- page 2, colonne 7 : « Nicolas Sarkozy ne parviendra pas être de nouveau élu président de la République ».

- page 4, sous la signature de Didier Hassoux, en colonne 2, à propos de ces trois charlots qui ont réussi à ridiculiser les gendarmes français à leur retour de Turquie : « Personne pour les coffrer : les flics trucs n’ont pas prévenu leurs homologues français ». Cela m’a rappelé un roman policier d’ADG, La marche truque.

- page 6, dans la critique du film Still the water, sous la signature de David Fontaine : « Ce film est une ode au pouvoir régénérant de la mer plonge le spectateur en eaux profondes ». Comprenne qui peut ce charabia.

- même page, sous la signature de Sorj Chalandon pour la notule du film L’apôtre : le personnage principal, qui s’appelle Akim et qui est nommé deux fois, devient Karim à la fin de l’article.

Et si on faisait faire des dictées aux gens qui vendent leurs écrits ? Et si, à tous ces cancres, on collait une punition, par exemple copier deux cents lignes, dans le style « Je dois me relire avant d’envoyer ma copie au journal » ?

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

Y
Alors elle se présente aux élections sous une fausse identité ? Que fait la police ?
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D
En fait, c'est son vrai prénom, Marion. Marion, Anne, Perrine Le Pen.
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Y
Correcteur orthographique ? Je ne m’en sers jamais. Justement, je me méfie.

Naguère, parce que je reprochais à Roger Peyrefitte une faute de français (lui qui se vantait d’écrire mieux que tout le monde), il m’avait répondu que c’était la faute du correcteur orthographique
de son éditeur, et que, lorsqu’une faute était corrigée ici, une autre faute surgissait là ! Joli bobard.
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Y
C’est vrai, je l’avais remarqué, mais j’ai oublié d’en parler. Merci de l’avoir noté.

Finalement, je suis trop indulgent !
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G
En page 3 dans le dernier paragraphe de l'article sur Marine LE PEN, une coquille : la persone, mais surtout dans l'encadré, il est question de madame Marion LE PEN. Doit-elle payer les 3.000 €
pour sa tante?
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D
Quelquefois, le correcteur orthographique informatique fait des ravages.
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