Une geisha, mais qu’est-ce ?

Publié le par Yves-André Samère

Il existe des mots dont chacun croit connaître le sens, alors qu’ils signifient tout autre chose. Par exemple, j’ai naguère cité, il y a un an, l’adjectif glauque, que la plupart des Français utilisent en croyant qu’il qualifie une situation trouble, malsaine, alors que c’est tout simplement... une nuance de la couleur verte, et rien d’autre !

Plus sophistiqué, car on l’emploie rarement dans la vie courante, le cas du mot geisha. Monsieur Tout-le-monde croit savoir qu’une geisha, c’est plus ou moins une prostituée japonaise, en tout cas une femme soumise et obéissante aux désirs des hommes. C’est ridicule ! J’ai eu l’occasion de revoir un film d’Yves Ciampi, qui était semble-t-il Typhon sur Nagasaki, tourné en 1957, et dans lequel le réalisateur démentait cette lubie ; or il savait de quoi il parlait, puisqu’il était marié avec une actrice japonaise, Keiko Kishi, laquelle justement joue dans ce film (elle a 80 ans, joue toujours, et a été faite commandeur des Arts et Lettres, le 5 juillet 2011, par Frédéric Mitterrand, à Tôkyô). Ce film montrait qu’une geisha, en réalité, a reçu une formation d’hôtesse on ne peut plus convenable, doit connaître la danse traditionnelle japonaise, qui est très difficile, parler plusieurs langues, et posséder une culture générale assez vaste pour être capable de converser de tous les sujets avec n’importe laquelle des personnalités dont elle a la charge. Naturellement, elle ne se prostitue nullement. Le film précisait qu’une geisha était digne de devenir l’épouse d’un Premier ministre ! Transmis à madame Ayrault.

Je connais un autre témoignage, celui d’une dessinatrice japonaise, Mari Yamazaki, l’auteur du fameux manga Thermae Romae, qui a suivi un stage d’initiation à la profession de geisha de station thermale, et qui s’enflamme, dans le quatrième tome de son œuvre, pour défendre la réputation de ces femmes injustement décriées par des sots ignorant tout du Japon.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

D
La geisha est l'art raffiné à l'extrême de la soumission de la femme au service de l'homme : plaisir, distraction, musique, conversation. Il me semble que l'on a éduqué dans la "bonne société"<br /> occidentale pendant des siècles toutes les jeunes filles à faire de même, sauf pour les plaisirs de l'amour quand même (catholicisme oblige).<br /> Je parle évidemment des milieux aristocratiques. Après, on faisait surtout des dindes.
Répondre