Une innovation géniale : Autolib’

Publié le par Yves-André Samère

Il est étrange, par certains aspects, ce projet d’Autolib’, prévu à Paris pour septembre 2011. Pour eux qui ne seraient pas au courant, on projette de faire avec des voitures ce qu’on fait actuellement avec les bicyclettes du Vélib : les clients en prendront une dans les stations réservées sur la voirie ou dans les parkings souterrains (mille stations sont prévues), fera son trajet pour environ 5 euros la demi-heure, puis, une fois la course terminée, déposera la voiture dans une autre station – ce qu’on appelle « la trace directe » dans le jargon de la Mairie de Paris –, voire dans la même station s’il a fait un parcours en boucle.

Oui, mais voilà...

Un Vélib, ce n’est pas très encombrant, et les stations d’emprunt de vélos ne gênent pas la circulation, puisqu’elles sont placées sur les trottoirs ou dans les rues réservées aux piétons. Et si les usagers rendent davantage de vélos à une station où ils en empruntent peu, le déséquilibre qui s’instaure peut être facilement compensé par les véhicules chargés de l’entretien : déménager quelques vélos, c’est facile. Mais que se passera-t-il si une station d’Autolib’ voit arriver, par exemple, cent voitures de plus qu’elle peut en contenir et qui ont été empruntées ailleurs ? Comment enlevera-t-on – et rapidement – ces voitures « en trop » pour les déposer dans les stations où il en manque ? On imagine d’énormes camions transportant des dizaines de voitures, et sillonnant en permanence les rues de la capitale. Voilà qui va simplifier la circulation !  Un système analogue existe depuis 1999 à La Rochelle, mais il a peu de succès : les véhicules « tournent » peu, certaines stations sont vides et d’autres engorgées, et les employés de Yélomobile (c’est son nom) passent leur temps à ramener les voitures à leur point de départ. Belle économie...

Seule solution, moduler les tarifs : consentir une réduction si vous prenez une voiture dans une station encombrée et la laissez dans une autre désertée. Encore faudra-t-il savoir lesquelles. Et les volontaires vont redécouvrir la marche à pied...

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