Violence bouddhiste

Publié le par Yves-André Samère

Il y a une idée reçue assez tenace, et selon laquelle l’Inde serait le pays de la non-violence, parce que Gandhi prônait cette forme de combat politique – qui, du reste, n’était pas tout à fait ce que l’on pense, mais laissons de côté les détails. Et rappelons tout de même que Gandhi, le 3 janvier 1948, a été assassiné par un compatriote, un Hindou, fanatique intégriste, qui, le croyant à tort favorable aux musulmans et à la création du Pakistan, l’a expédié dans l’autre monde.

Mais parlons plutôt, non pas des hindouistes, mais des bouddhistes. Chez nous, quand on parle de bouddhisme, tout le monde pense au dalai-lama et à son émissaire Mathieu Ricard, qui sont si rigolos dans leur drap de lit orange, ou aux gentils moines de Tintin au Tibet. Mais, considéré comme une religion de tolérance, le bouddhisme a pourtant ses intégristes, qui pratiquent le fanatisme, le nationalisme et le terrorisme, tout autant que le font ailleurs les islamistes. Ainsi, en 2012, en Birmanie, cent quatre-vingts musulmans, très minoritaires dans le pays, ont été massacrés par les bouddhistes, et les émeutes qui ont suivi ont provoqué un exode de leurs coreligionnaires, puisqu’ils ont été presque 180 000 à fuir à l’étranger. Retenez que le massacre s’est perpétré avec la complicité des forces de sécurité. Et l’année dernière, en mars, un pogrom a causé la mort de quarante musulmans, leurs biens étant aussi incendiés. À l’origine de ces horreurs, un certain Mouvement 969, piloté par un bonze, Wirathu, qui estime que cette petite communauté musulmane, les Rohingyas, n’est composée que d’apatrides, en vertu d’une certaine loi promulguée en 1982.

On remarquera, puisque cela se passait en Birmanie, que la chère Aung San Suu, Prix Nobel de la Paix, n’a pas dit un mot contre ces exactions. Normal, elle était alors candidate à l’élection présidentielle...

C’est à peu près pareil au Sri Lanka, où le gouvernement prétend lutter contre les séparatistes tamouls, et où des groupes bouddhistes comme le Bodu Bala Sena attaquent et détruisent les mosquées et les commerces tenus par des musulmas, sans oublier les lieux de culte des hindouistes et des chrétiens. Le gouvernement a laissé faire.

Mais tout ça, c’est si loin de chez nous !

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

Y
Tout cela est parfaitement vrai. Les médias pèsent de tout leur poids dans ce phénomène, car un personnage comme le dalaï-lama est une sorte de vedette, et son combat contre les Chinois ne doit pas
être critiqué. À juste titre.

Mais on sait bien que les médias servent surtout à mentir.
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C
Il est vrai que les bouddhistes bénéficient d’une image bienveillante et que la violence n’est pas la première chose qui vient à l’esprit qu’on pense à eux. L’actuel Dalaï-Lama y est sans doute
pour beaucoup, notamment par sa lutte non-violente envers la sinisation du Tibet.
A ce titre, il est curieux aussi de constater que le bouddhiste tibétain, très minoritaire car pratiqué essentiellement au Bhoutan, Népal et en Mongolie, semble représenter le bouddhisme aux yeux
du monde entier, tandis que le bouddhisme Theravada du Sud-Est asiatique, qui est censé être le plus proche du bouddhisme primitif et par conséquent pacifique, est celui dont vous dénoncez la
violence en Birmanie et au Sri Lanka.
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