Vivent les couples à trois ou quatre !

Publié le par Yves-André Samère

Dans son ardeur à mettre des bâtons dans les roues du gouvernement en vue de contrecarrer son projet de mariage pour tous, y compris les homosexuels (projet qui m’indiffère, mais dont il m’est difficile de trouver en quoi il peut nuire à qui que ce soit – ah, oui, c’est vrai, un danger pour la famille…), l’Église catholique ferait bien de cadrer un peu ses dignitaires pour leur éviter de pédaler dans la choucroute. Or, non.

C’est ainsi que le cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon, parlant à la radio, a émis cette pensée profonde, qui restera dans les annales (là, j’espère avoir évité la faute de frappe) : « Après, ils vont vouloir faire des couples à trois ou à quatre ». Des couples à trois ou à quatre, l’idée est belle, et je prie Dieu que, pour ce mot, on se dépêche d’élire le cardinal à l’Académie française. Justement, ça manque, en ce moment.

Le cardinal a bien voulu préciser sa pensée : « Pour nous, la première page de la Bible (qui dit que le mariage unit un homme et une femme) a un peu plus de force et de vérité qui traversera les cultures et les siècles que les décisions circonstancielles ou passagères d’un Parlement ».

Moi, vous me connaissez, dès qu’on parle de la Bible, je sors, non pas mon revolver, mais… ma Bible, et je vérifie. J’ai donc lu le début de la Genèse avec l’attention nécessaire, et noté que la première apparition de l’homme se situe au verset I, 26, celle de la femme au verset I, 27, puis que « l’Éternel », au verset suivant, leur donne ses instructions : « Soyez féconds, multipliez, remplissez la Terre, l’assujetissez ». Pas un mot sur le mariage dont parle monsieur Barbarin. De quoi je conclus que, soit le cardinal est un fieffé menteur, soit il ne connaît pas la Bible.

À vrai dire, je m’attendais à ce résultat. En effet, à l’époque dont parle la Genèse, il n’y avait que deux êtres humains sur Terre, si l’on en croit le livre sacré. Or un mariage, et d’ailleurs quelque cérémonie que ce soit, n’a aucun sens si n’existe aucun témoin, aucun officiant et aucune société pour en tenir compte. Un mariage entre deux êtres seuls aurait autant de sens qu’un meeting électoral tenu sur son île par Robinson Crusoé.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

D
Pour l'instant c'est illégal, en effet, c'est bien pour cela que certains prêtres demandent la séparation entre le civil et le religieux.
Pourquoi pas ? Ce deviendrait une cérémonie privée, qui ne regarderait que les impétrants, mariés officiellement ou pas.
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Y
Je ne sais pas si ce serait plus intelligent, mais ce serait illégal. Un prêtre catholique qui « marierait » un couple n’étant pas encore passé à la mairie serait poursuivi par la
justice, il me semble.

Preuve que la loi prend au sérieux le mariage religieux. Sinon, elle ne se soucierait pas de ce genre de simagrées.
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D
Des prêtres un peu plus intelligents que Barbarin voudraient séparer la cérémonie catholique du mariage de l'obligation d'être marié civilement avant.
En effet, le mariage catholique n'a plus de valeur juridique depuis longtemps.
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