Vœœœœœœœœœuuuhh !  

Publié le par Yves-André Samère

J'ai un oncle âgé, qui pense un peu à l’ancienne mode, et qui n’habite pas à Paris, contrairement à moi. Il est très intelligent, cultivé, suprêmement courtois, aussi ai-je grand plaisir de converser avec lui au téléphone ou par écrit. Et je suis d’autant plus son neveu préféré, qu’il n’en a pas d’autres.

Chaque année, il me devançait en m’écrivant entre Noël et le Jour de l’An, et ne manquait jamais de m’envoyer ses vœux pour l’année à venir. Et comme je ne cache guère ce que je pense, je lui répondais invariablement – quoique avec ménagement – qu’il devrait bien se dispenser de cette corvée, puisque je tiens ces incantations pour aussi efficaces que la danse de la pluie ou les cierges à saint Antoine. Naturellement, je le remerciais, et lui faisait observer qu’en retour, je ne lui faisais pas injure en l’imitant, car j’ai trop de respect pour son intelligence.

Cette année, j’ai pris les devants, et je lui ai écrit deux semaines avant Noël, pour lui raconter diverses histoires, et lui faire observer, en conclusion, qu’il ne devait surtout pas prendre ma lettre pour des vœux, car je ne lui en adresserais pas plus que les autres années.

Que croyez-vous qu’il arriva ? Trois semaines après, le cher oncle me téléphona... pour me remercier de mes vœux !

Moi, j’abandonne.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

D
C'est bien. C'est drôle et très chaleureux.<br /> Contente de savoir que de telles personnes existent.<br /> Pliez-vous à cet adorable monsieur, et n'abandonnez pas !<br /> Curieux, je pense à un personnage de Balzac.
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