Voir le film sur DSK ? Non 

Publié le par Yves-André Samère

Le film sur DSK, Welcome to New York, est sorti pendant le festival de Cannes, sans avoir été présenté officiellement, mais accompagné d’une réception publicitaire tapageuse. Il ne sortira pas non plus en salles. Il est possible de le télécharger sur Internet pour la modique somme de sept euros, et, selon « Le Canard enchaîné », on dit qu’il a déjà été vendu 48 000 fois. Il était disponible dès le 17 mai, et j’ai pu le voir le 20 mai, sans débourser un seul centime (selon ma bonne habitude), mais je ne vous encourage pas à le télécharger. La critique que j’en ai tirée se trouve ICI.

Je vous dis tout de suite que le film est mauvais, et que son réalisateur Abel Ferrara, autrefois réputé, a perdu tout son talent. Aujourd’hui, il caresse le populo dans le sens du poil, et non seulement il sombre dans la démagogie, mais il déforme les faits de façon assez basse. En réalité, la principale victime de ce film est Anne Sinclair, qui est présentée sous un aspect ne correspondant pas du tout à sa véritable personnalité. On la montre comme une femme ambitieuse qui pousse son mari à se présenter à la présidence de la République, parce qu’elle meurt d’envie de devenir « première dame ». Or Anne Sinclair a suffisamment éclairci ce point, notamment auprès de Yann Barthès, en disant que la notion de première dame n’existait pas en France, et que cela ne l’intéressait pas du tout. On la montre aussi, dès la première réplique, comme subventionnant Israël, ce qui n’est pas répréhensible de la part d’une Juive, mais, paradoxalement, son mari, rebaptisé Devereaux, n’est pas juif. Cette petite manipulation ne peut pas être innocente. Le scénario est encore moins innocent avec cette réplique que le film lui prête lorsque, par téléphone, elle apprend depuis Paris que son mari est en prison à New York, et qu’elle rétorque immédiatement : « Je souhaite qu’il y reste, il a tout gâché ». Sous-entendu, gâché ses chances d’accéder à la présidence et de faire de moi une première dame. Élégant, surtout quand on connaît le dévouement dont la vraie Anne Sinclair a fait preuve ensuite...

J’ignore si, aux États-Unis, le film a été beaucoup téléchargé, car, manifestement, il est destiné aux mangeurs de grenouilles que nous sommes, et nous prend, par conséquent, pour des imbéciles. En tout cas, je n’ai pu trouver qu’une version doublée en français, dans laquelle Anne Sinclair est jouée par une actrice anglaise, Jacqueline Bisset, que l’on a fait doubler pour la voix par une actrice canadienne, Alexandra Stewart, qu’il m’est arrivé de voir au théâtre. Les deux actrices ont d’ailleurs joué toutes les deux dans des films de François Truffaut, qui volait un peu plus haut.

Et Depardieu, demanderez-vous ? Eh bien, son talent n’est pas en cause, mais son physique est de plus en plus repoussant. Plusieurs fois, il est montré nu, et son obésité, plutôt laide à voir, semble avoir dépassé en volume son indéniable talent. Pourquoi a-t-il joué dans ce film ? Dans un prologue où il répond à des journalistes, il déclare qu’il n’admire pas du tout les hommes politiques, que, au contraire, il les méprise, mais qu’il aime beaucoup jouer des personnages qu’il déteste. Sur ce plan, il est servi, son DSK est répugnant !

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

Yves-André Samère 14/06/2014 15:08

Je ne conseille le film à personne, il n’a pas le moindre intérêt, et il est bas. Pauvre Anne Sinclair...

Perrine 14/06/2014 13:10

Ce film ne me tente absolument pas, et je suis assez désolée de la façon dont Anne Sinclair semble y être dépeinte car elle m'a tout l'air d'une femme intelligente et digne qui ne méritait pas ça.