Voiture électrique - 4

Publié le par Yves-André Samère

L’autonomie d’une voiture électrique est un détail qui tue, car elle laisse beaucoup à désirer : le temps de recharge est en effet énorme, et, en hiver, l’autonomie est diminuée de 10 à 15 %, voire davantage dans les pays moins tempérés que le nôtre, à cause du froid. Le chauffage est peu efficace, et si on le pousse, cette autonomie diminue notablement.

Une voiture Nissan Leaf a été testée sur ce point. Elle devait relier le centre de Paris à la ville d’Honfleur, située à deux cents kilomètres sur la côte normande. La batterie, au départ, était chargée à 100 %, mais... l’indicateur affichait une autonomie prévue de seulement cent cinquante kilomètres, donc incapable de faire le parcours !

Le conducteur, méfiant, active tous les systèmes d’économie du véhicule pour avoir l’autonomie la plus importante possible. En ville, l’indicateur décroît normalement, mais tout change dès l’arrivée sur l’autoroute, et, après trente kilomètres, l’autonomie affichée n’est plus que de 91 kilomètres (une alarme se déclenche quand il ne reste que trente kilomètres d’autonomie). Et une vitesse modérée n’y change rien. Or il n’existe en France quasiment aucune borne publique de recharge (dix-sept pour Renault). Chez les rares concessionnaires, néanmoins, on trouve de telles bornes, qui peuvent recharger 81 % de la batterie en une heure et demie, mais, près de tomber en panne, le testeur téléphone au concessionnaire le plus proche, qui affirme que SA borne est réservée aux véhicules de SON propre garage. Seule alternative : une borne sur le parking d’un hypermarché de Mantes, mais... il faut posséder un badge, vendu seulement sur Internet !

Chez le concessionnaire, qui par chance est proche, le câble du testeur ne correspond pas au chargeur disponible, il faudrait en acheter un pour... 350 euros. Mais le concessionnaire, complaisant, offre un badge « gratuit » pour la borne de l’hypermarché de Mantes, badge qui va pourtant coûter 20 euros. Et ladite borne, une fois atteinte, était en panne.

Appelé au téléphone, le service d’assistance du constructeur de la marque envoie une dépanneuse. En sept heures, le testeur n’a pu parcourir que cent kilomètres, et n’est jamais arrivé à Honfleur.

Conducteurs, si le cœur vous en dit...

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :