Vous avez demandé l’IPSOS ? Ne quittez pas !

Publié le par Yves-André Samère

Reçu cet après-midi un coup de téléphone d’une fille qui se présentait comme une enquêtrice de l’IPSOS, un institut de sondage. Elle me dit qu’elle a quelques questions à poser aux gens de ma tranche d’âge. Je riposte en lui faisant remarquer que, puisqu’elle connaît déjà mon nom, mon numéro de téléphone et mon âge, c’est suffisant, et que j’entends bien lui mentir (ce que je fais systématiquement dans ce genre de situation, de toute façon, et les gogos qui répondent sincèrement aux sondeurs me font pitié). Elle rit, je n’attends pas la suite et je raccroche, car je suis pressé : je vais à la Gaypride, comme tout le monde.

Maintenant, la question que je (me) pose à mon tour, c’est de savoir quel gougnafier a refilé à l’IPSOS, une firme avec laquelle je n’ai jamais eu le moindre contact, tous ces renseignements sur moi. Car enfin, je ne suis pas dans l’annuaire – pas fou –, et je fuis les rapports avec les commerciaux dès lors que je ne les ai pas sonnés.

Meilleur candidat pour cette indiscrétion : ma banque. Pourquoi ? Parce qu’hier, lorsque j’ai voulu me connecter sur mon compte en ligne, je me suis pour la première fois heurté à un obstacle nouveau, une page m’apprenant qu’afin de « sécuriser » mon compte (sic, il est déjà archi-sécurisé), je DOIS, sans aucune échappatoire possible, cliquer sur tel bouton, ce qui provoquera un appel téléphonique de la banque, laquelle me fournira un code de six chiffres à inscrire – ils disent « entrer », ces ploucs – sur la même page. Et ainsi, hourra ! mon compte sera sécurisé (re-sic). Ce processus O-BLI-GA-TOIRE suivi à la lettre, j’ai pu enfin consulter mon compte.

Si j’étais banquier et que je voulais vérifier que mes clients ne m’ont pas, en ouvrant leur compte chez moi, fourni des renseignements bidons, par exemple un numéro de téléphone erroné pour ne pas être dérangés, c’est le truc que j’emploierais. Une fois le numéro confirmé – et je répète qu’il n’y avait aucun moyen d’y échapper –, quoi de plus facile que de refiler à un commerçant comme l’IPSOS la totalité des renseignements fournis à la banque lors de l’ouverture du compte ?

À part ça, les citoyens français ne sont pas du tout fichés, vous pensez bien.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

DOMINIQUE 25/06/2011 20:35


Cela ne m'étonne pas. Les fichiers clients se vendent une fortune aux entreprises de téléprospection et autres utilisateurs commerciaux du téléphone.
Les entreprises de vente par correspondance sont de grande pourvoyeuses. Plus c'est renseigné (âge, adresse, profession, taille de vêtements, etc.), plus c'est cher.
Difficile d'y échapper, la vente par Internet a multiplié ces fichiers.