« Vous avez un mandat ? »

Publié le par Yves-André Samère

Je ne suis pas plus malin qu’un autre, mais parfois, certains romans policiers, certains films ou téléfilms policiers, m’incitent à croire que je ne ferais jamais certaines erreurs. Parce que je me renseigne avant !

Attention, je ne mets pas tous les auteurs dans le même sac. En littérature, un auteur comme ADG ne commettait pas d’erreurs (il est mort, hélas), et, à la télé, Vince Gilligan est très nettement au-dessus du lot. Ainsi, le dernier épisode de son Breaking bad, diffusé dimanche dernier sur la chaîne AMC – saison 5, épisode 5, que vous verrez peut-être dans quelques années – contient une scène où le gangster Mike menace de tuer une femme d’une balle dans la tête ; quelques minutes plus tard, la situation a changé, elle l’insulte et lui reproche d’avoir voulu l’abattre avec son revolver. Il rectifie froidement : « C’était un pistolet. J’aime la précision ! ». Moi aussi, j’aime la précision, et je déteste l’amateurisme des auteurs, qui, au lieu de se documenter, recopient le travail précédent de leurs petits camarades. Il y a quelques mois, je me suis payé la tête du mauvais réalisateur Guy Ritchie, qui avait fait la même bourde. C’est ICI.

Il y a aussi cette scène qu’on voit fréquemment, chez nous : la police se présente au domicile d’un suspect et déclare qu’elle vient perquisitionner. Cent fois sur cent, le suspect rétorque « Vous avez un mandat ? ». Et le policier répond qu’il n’en a pas, qu’il va en chercher un et qu’il va revenir. Le temps que le suspect fasse disparaître ce qui le compromet ? C’est stupide. En France, policiers, gendarmes et douaniers perquisitionnent où ils le jugent nécessaire, et sans aucun « mandat ». Le mandat de perquisition, c’est aux États-Unis qu’il est obligatoire, et le défaut de ce document rend la perquisition illégale, annulant la validité des preuves qui auraient pu être trouvées alors.

Également, j’ai entendu en 2008, au début d’un film très coté, Un conte de Noël, d’Arnaud Desplechin, un avocat donner du « Votre Honneur » au président d’un tribunal (français). Scénario et dialogues étaient du réalisateur et d’Emmanuel Bourdieu (oui-oui ! Le fils de Pierre Bourdieu. Et ce gars-là, diplômé de l’École Normale Supérieure, a étudié la philosophie et la linguistique, et enseigné à Bordeaux III et Paris VII). Deux charlots, par conséquent, qui confondent France et États-Unis.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

D
Alors, vous ne risquez pas de comparaître devant un Tribunal !
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Y
On ne peut pas me soupçonner d’avoir jamais visité ces Cordier !
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D
Vu la même bourde dans, mon dieu ne me jetez pas la pierre, "les Cordier juge et flic" (on attendait pour enregistrer un truc anglais) l'histoire du mandat.
Si, un jour vous comparaissez devant un tribunal français, dites "votre honneur". Vous êtes grillé.
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