Vous l’êtes forcément !

Publié le par Yves-André Samère

Le nouveau président s’est donné deux parrains de prestige, Marie Curie et Jules Ferry. Parfait. Mais il n’en a pas fallu plus pour qu’une poignée de zozos s’en prennent à Jules Ferry, sous un prétexte bidon.

En gros, l’homme à qui nous devons un modèle d’école publique qui dure depuis plus d’un siècle aurait été un affreux colonaliste, et cela, parce qu’il a encouragé la colonisation de l’Afrique, avec pour but affiché de faire connaître à ses habitants une avancée – dans tous les domaines – qui n’aurait jamais eu lieu s’ils en étaient restés à se débrouiller par eux-mêmes et sans l’aide de pays plus avancés.

Personnellement, j’adore ça, les gens qui distribuent des leçons de morale aux hommes du passé, en s’appuyant sur des principes d’aujourd’hui et qui, donc, n’avaient pas cours alors. Un peu comme si vous reprochiez aux contemporains de Léon Blum de n’avoir pas protégé leur ordinateur en négligeant les recommandations de l’Hadopi.

La colonisation et le colonialisme, bande de sous-doués, ça fait deux. Le colonialisme, c’est le désir d’exploiter le pays qu’on colonise pour s’emparer de ses richesses. Rien à voir avec le fait d’y construire des ports, des routes, des écoles et des hôpitaux, et, comme Tintin au Congo, d’apprendre à lire, écrire et compter aux enfants du coin. Ça, c’est la colonisation. Et on voit mal en quoi c’est nuire aux populations concernées.

Mais l’esprit de système envahit tout, actuellement. Si vous n’êtes pas de gauche, vous êtes forcément de droite. Si vous n’êtes pas antimilitariste, vous êtes forcément une baderne. Si vous êtes catholique, vous êtes forcément homophobe. Si vous ne vous livrez pas aux joies du tapage nocturne, vous êtes forcément un pisse-vinaigre. Si vous fumez du tabac, vous êtes forcément un propagateur de tabagisme passif, tandis que si vous fumez du shit, vous êtes forcément un gars vachement cool. Si vous ne défilez pas de Bastille à Nation le 1er mai, vous êtes forcément un réac. Si vous aimez Chopin et Gershwin plutôt que le rap ou Michael Jackson, vous haïssez forcément les jeunes. Et si vous aimez le couscous, vous n’avez forcément que répulsion pour la choucroute.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

Y
Pas de panique, nul n’est contraint à quoi que ce soit, et, avant de partir, Sarkozy n’a pas créé une police de la grammaire (il aurait eu trop peur d’être pris dans une rafle).
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O
Tout ce que je souhaite, c'est qu'au moins on me laisse opter pour le singulier en pareil cas...
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Y
C’est tout à fait admis quand le nom principal, POIGNÉE ici, désigne une collection. Vous pensez bien que je me suis posé la question.

Les grammairiens sont d’avis que le sens doit primer, or on imagine bien que ce sont LES zozos qui s’en sont pris à Jules Ferry, et pas LA poignée. Donc, pluriel.
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O
"Mais il n’en a pas fallu plus pour qu’une poignée de zozos s’en prennent à Jules Ferry"
La poignée ou les zozos ? Je sais qu'il devient admis qu'une centaine de potaches se sont fait recaler au baccalauréat, mais ça me heurte encore.
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