En boucle !

Publié le par Yves-André Samère

Si vous écoutez la télévision ou regardez la radio, il n’a pas pu vous échapper qu’une des manies les plus ridicules des animateurs d’émissions recevant des invités consiste à leur poser des questions qu’on jurerait nées dans le cerveau d’un djeunz en état d’échec scolaire – et pardon pour ce pléonasme. Par exemple celle-ci : « Quelle est la chanson que vous écoutez en boucle ? » (spécialité de Nagui) ou « Définissez tel artiste ou tel film en un mot » (ça, c’est le truc de Barthès, et j’espère qu’un jour, il fera la même demande à propos d’Hamlet, de Peer Gynt ou de la Neuvième symphonie du gros Ludwig).

En ce qui me concerne, j’adorerais qu’on me pose ce genre de question. Par exemple, si on me demandait quelle chanson j’écoute « en boucle », je me ferais un plaisir de répondre triomphalement : « Aucune ! ». Car rien ne me semble plus absurde que d’écouter quoi que ce soit en boucle, attendu que tout ce qui est automatique me plonge dans un ennui abyssal. L’autre dimanche, dans une émission pour les enfants, où les gosses peuvent poser des questions à des spécialistes, l’un d’eux désirait savoir comment on expliquait les colonnes de Buren, et le spécialiste invité s’est évertué à définir tout l’art de cet imposteur : dans tout ce qu’il fait, ajouter des rayures verticales de 87 millimètres de largeur ! Ça c’est de l’art, coco, et pas du tout un système – un dogme – à l’usage des gens sans imagination !

En fait, il y a bien des chansons qui me plaisent, entre La fessée de Brassens et Don’t stop me not de Queen (oui, l’éventail est large). Mais si je les écoute une fois tous les deux ans, c’est le bout du monde. Au-delà, c’est du rabâchage.

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