« Hommage » à David Fontaine
Vous verrez qu’un jour, David Fontaine finira par écrire tous les articles du « Canard enchaîné ». Dans le seul numéro de ce matin, il signe la totalité des critiques de cinéma (il y en a cinq) en page 6, un article sur le cinéma en page 5, un article politique sur Ali Bongo en page 7, et deux articles en page 8, un sur Suez et un autre sur le Viagra. Un esprit universel ! Mais cela s’explique : né en 1969, collaborateur du « Canard » et des « Dossiers du Canard », il a été élève de l’École normale supérieure, il est agrégé de philosophie, et il a écrit sur Descartes et Céline. Une pointure, donc, comme Augustin Trapenard. Je me demande si lui aussi met parfois un nez rouge pour animer des fêtes d’anniversaire chez les moins de huit ans.
Bref, un de ces jours, Michel Gaillard, le directeur du « Canard », va faire comme tous les patrons, par exemple à RTL et Canal Plus, il va virer tous ses journalistes pour ne conserver que le cher David.
Dans ces conditions, on comprend que David Fontaine, surmené, ne trouve pas le temps de remercier ceux qui lui rendent service sans rien demander en échange. Je vous explique.
Le 18 mai dernier sort à Paris un film allemand, Ich seh ich seh, rebaptisé sottement en « français » Good night Mommy, vu que le dernier film du petit Xavier Dolan, le chouchou des critiques, s’intitule justement Mommy (cette course à l’originalité me flanque le tournis). Fontaine fait de ce film allemand une critique très favorable dans « Le Canard ». Stupeur ! Ce journaliste professionnel et passionné de cinéma n’a pas vu que c’est un pur plagiat du chef-d’œuvre de Robert Mulligan, The other, sorti en 1972. Tout y est, absolument tout, mais comme ce petit détail n’est pas mentionné dans le dossier de presse qu’on distribue aux critiques lors des séances de visionnage (j’en possède tout un tas, de ces dossiers), ces messieurs n’ont rien vu.
J’envoie donc le 20 mai un petit mot au « Canard », qui fait suivre. Et Fontaine, le 28, me répond qu’il n’a jamais vu The other, et en ignore l’existence, de même qu’il n’a jamais vu Le pigeon, la célèbre comédie de Mario Monicelli, ce qu’on lui a reproché. Très bien, réponds-je, je vous envoie une copie du DVD de The other. Ce que je fais. Les semaines passent, et aucune réaction.
Le 11 juillet, donc un mois et demi après, je demande à Fontaine s’il a bien reçu le DVD ; non pas pour quémander des remerciements, ce n’est pas mon genre, mais pour lui proposer, au cas où la Poste l’aurait perdu, de lui faire une autre copie. Il me répond immédiatement qu’il l’a bien reçu, mais l’a égaré ! Parfait, dis-je, c’est réparable, je vous envoie une autre copie. Ce que je fais le surlendemain.
J’attends toujours l’accusé de réception.
Aussi poli, en somme, que Line Renaud : je possédais un enregistrement (fait sur France Inter) absolument introuvable de sa voix et de celle de sa mère, qu’elle adorait, mais qui est décédée. J’en ai fait un CD, et j’ai prié Stéphane Bern de le lui faire parvenir. Il l’a fait, bien entendu, mais la chanteuse a pris son temps. Quelques mois plus tard, elle m’a fait remercier... par un secrétaire !